Actualités de la course au large  /Archives novembre 2009  
  • 24 novembre 2009
  • 12 novembre 2009
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    24 novembre 2009

     

    Transat Jacques Vabre : Crêpes Whaou ! vainqueur au Costa-Rica

     

    Comme il y a quatre ans à Salvador de Bahia, au Brésil, Crêpes Whaou ! a franchit ce matin à 5h30 la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre. Il était 22h30 heure locale, pourtant, pas moins de 6.000 personnes étaient là sur les jetées à attendre Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux. Crêpes Whaou ! remporte donc pour la troisième fois la Route du Café en Multi50. Il a effectué la traversée Le Havre – Puerto Limon en 15 jours, 15 heures et 30 minutes à la vitesse moyenne de 13,44 nœuds. A peine la ligne franchie, il déclarait : « C’est un peu incroyable d’avoir une telle arrivée. On est en pleine forme mais j’avoue qu’on a un peu tiré sur la paillasse comme on dit. Il a fallu cravacher. On s’était donné comme objectif d’arriver les premiers de toute la flotte car sans objectif, on aurait été mauvais. Le bateau est super, il est bien né, c’est un avion. Mais il faut savoir le maîtriser. Avec celui là, on a plus de risques de se mettre sur le toit qu’avec le précédent ! » Il est donc arrivé quelques heures avant le premier 60 pieds, Safran co skippé par Marc Guillemot et Charles Caudrelier, qui lui a franchit la ligne d’arrivée à 9 heures, 52 minutes, 10 secondes (heure de Paris). Sa vitesse moyenne a été de 12,46 nœuds Pourtant, le parcours des trimarans prévoyait un parcours plus long de 300 milles, sans compter les violentes dépressions et le vent debout qui ne sont pas les conditions idéales pour un multicoque.

     

     

     

     

     

    Transat Jacques Vabre : derrière,Guyader pour Urgence Climatique cravache à 16 nœuds

     

    Derrière, avec un bateau plus ancien et incapable de suivre le rythme imposé par la Crêpe, Guyader pour Urgence Climatique affiche son ambition : rattraper un maximum de monocoques. Alors que Franc-Yves accrochait de la ligne, Victorien et Erwan cravachaient en direction des Antilles à 16 nœuds de moyenne. Guyader pour Urgence Climatique, partisan de la route Sud comme Crêpes Whaou ! (à l’inverse de Région Aquitaine – Port Médoc, adepte de la route Nord, ont subi les caprices météo plus qu’ils n’ont pu les utiliser. Grâce à leur option sud, plus sage, Victorien et Loïc ont pu sortir de la tourmente en pleine forme, hommes comme bateau, avec une légère avance sur leurs poursuivants. Une avance qui leur a permis d’éviter en partie les aléas de l’anticyclone qui ont piégé Lalou Roucayrol et Amaiur Alfaro. Reste que maintenant Victorien et Loïc sont bien seuls : « j’aimerais bien faire 20 degrés de plus vers l’ouest. Ce qui est intéressant, c’est la vitesse. On est à 15 nœuds de moyenne et j’espère pouvoir me rapprocher des Imoca Véolia et Artémis pour pouvoir s’amuser un petit peu, faute de concurrence en multi ». Avant de poursuivre : « Lalou, on est en train de le distancer et les trois autres ont eu des soucis techniques. Avec Lalou c’était sympa on se tirait la bourre il y a quelques jours et puis là il commence à décrocher. Il peut encore revenir mais on va assez vite et les conditions sont optimales pour notre bateau. De toute façon notre objectif est de conserver cette deuxième place jusqu’à l’arrivée » ! 

     

     

     

     

     

     

    Transat Jacques Vabre : tandis que Prince de Bretagne quittait enfin les Canaries


    On le sait tous, la réussite passe dans la préparation, et malheureusement, suite à l’avarie qui avait touché le tout nouveau Prince de Bretagne, l’équipe finistérienne n’a profité que d’une petite semaine pour remettre en selle l’ancien bateau afin de se présenter sur la ligne de départ. Hervé et Christophe avaient enfin quitté Vigo, après avoir laissé s’en aller le mauvais temps. Mais à peine dans la ria, il fallait de nouveau s’arrêter à Bayona, le temps de régler une nouvelle petite avarie, de têtière cette fois-ci. Ce problème a  été rapidement réglé, mais alors qu’ils naviguaient le long des côtes portugaises, c’est de nouveau le rail de grand-voile qui cédait, les obligeant une nouvelle escale, à Lanzarotte aux Canaries. Elle aura duré 13 heures. Sur place, les attendait Charlie Capelle, avec tout le matériel de réparation. « Charlie a passé toute la journée en tête de mât » expliquait Hervé avant de larguer les amarres. « Il a démonté un mètre de rail, changé tout ce qui devait l'être et, à présent, nous sommes parés. Jusqu'ici nous n'avons vraiment pas eu de chance, ni de plaisir, mais Prince de Bretagne va enfin pouvoir glisser vers les Antilles et nous allons naviguer comme nous l'aimons. Les alizés sont bien établis, nous allons faire ce que nous aurions dû faire depuis longtemps : traverser l'Atlantique. Ensuite ce sera le passage de la Barbade, la mer des Caraïbes et enfin le Costa Rica. Des vitesses à deux chiffres vont enfin s'afficher sur le compteur et ça, c'est vraiment du bonheur ! ». Les deux bretons sont donc enfin partis.C’est sûr, il faut toute l'expérience d'un marin tel que Hervé Cléris pour trouver encore l'énergie d'aller traverser l'Atlantique, puis la mer des Caraïbes et enfin passer une ligne d'arrivée après tout le monde. « C'est vrai, on a un océan de retard, on se sent un peu hors course dans ces circonstances, mais nous voulons aller au bout de l'histoire. Nous allons au Costa Rica, comme prévu, on arrivera après la fête, mais ce n'est pas grave, nous aurons rempli notre contrat ». Bravo à tous les deux, et bon vent !

     

     

     

    Transat Jacques Vabre : Jean-François Cuzon et Sébastien Josse sont saints et saufs, BT remorqué jusqu’à Terceira !


     La tempête faisait rage, BT montait et descendait au gré des vagues. Tout a commencé par un appel sur le téléphone de Jean Maurel, directeur de course : c’était Jean-François Cuzon, l’équipier de Sébastien Josse : « Jean, je fais une demande d'assistance urgente. Le roof est arraché, le bateau est rempli d'eau, on a peur de couler»  Alors que BT naviguait sous grand-voile seule à trois ris, une déferlante a capelé le bateau par le travers arrachant le roof par son milieu. Immédiatement, les deux navigateurs ont déclenché leurs balises de détresse. Dès lors, les opérations étaient déclenchées : le CROSS Gris-Nez a mis en relation la direction de course avec le MRCC de Ponta Degalda aux Açores. Les deux navigateurs connaissent les procédures : il faut lutter contre l’hypothermie, enfiler les combinaisons de survie, combattre, se reposer, s'alimenter. Nul ne sait si BT, blessé, pourra résister encore à une nouvelle déferlante. Pendant ce temps, Jean Maurel alerte Veolia Environnement et Safran de manière à ce qu'ils se tiennent prêts si besoin. Bien évidemment, les deux équipages répondent présent, mais rapidement l'évidence apparaît : les moyens mis en œuvre depuis les Açores seront plus efficaces que l'intervention d'un autre voilier dans une mer démontée. Tout l'intérêt des procédures de sécurité prend alors son sens. De l'aveu même de Sébastien Josse, les topos sécurité rabâchés à chaque départ de course, permettent d'avoir les bons réflexes. Les automatismes fonctionnent. Vers 18h00, les navigateurs rentrent en contact avec l'Ocean Explorer, un navire océanographique. Mais les conditions de mer particulièrement difficiles, avec des creux d'environ huit mètres rendent l'opération délicate. Les navigateurs sont alors informés qu'un hélicoptère Puma de la marine portugaise sera sur zone. Dès lors, il s'agit de se remémorer les signes à faire à l'hélicoptère, et surtout de ne pas oublier que les sauveteurs sont les maîtres de l'opération. Le Puma arrive sur zone, une heure avant la tombée de la nuit. Le pilote de l'hélicoptère intime alors l'ordre aux deux marins de se jeter à l'eau l'un après l'autre tandis qu'un plongeur les récupère pour les hélitreuiller. Quelques jours plus tard, un remorqueur ramène le bateau blessé à Terceira, aux Açores. Il est complètement coulé, mais une grue et des pompes en viennent à bout : le bateau est sauvé !

     

     

     

     

     

     

     

    Francis Joyon établi un nouveau temps de référence entre la Bretagne et l’île Maurice

     

    Parti le samedi 17 octobre de Port Louis, à l’assaut des 8.000 milles théoriques de ce nouveau record Francis Joyon est arrivé ce jeudi 12 novembre à 16h 03’ 45’’ heure française. Il a bouclé sa navigation de 10.304 milles nautiques en 26 jours 4 heures 13 minutes et 29 secondes, à la vitesse moyenne de 16,40 nœuds. Avant son départ, Francis estimait le temps de cette navigation à environ 25 jours.
    Sur ce record, la fenêtre météo est finalement réduite, car il arriver dans l’océan Indien avant les premiers cyclones. Sur les conseils de Jean-Yves Bernot, son routeur habituel, la première semaine l’a vu aligner des journées à 500 milles parcourus. Un peu plus de 8 jours après le départ, il franchissait l’équateur. Idec était donc en Atlantique sud, avec sur sa route un obstacle de choix : l’anticyclone de Saint-Hélène, et son cortège de calmes plats. Faute de ‘trouée’, il a fallu se résoudre à le contourner par la droite, et IDEC s’en est allé flirter avec le Brésil, qu’il approchera à moins de 300 milles pour conserver une vitesse satisfaisante. Idec est alors entré dans les grandes brises d’ouest, navigant régulièrement à plus de 30 nœuds… trop vite même, plus vite que la dépression qui le propulse en bordure des Quarantièmes Rugissants… « quand je la dépasse, elle devient moins active et je ralentis » explique-t-il alors. Il faut se battre, aller chercher le vent, jouer les angles… et  signer deux journées extraordinaires à 580 milles parcourus ! Après 17 jours de course, il franchit le Cap de Bonne Espérance.
    Mais il était écrit que l’Indien serait calme… Emmené par sa trajectoire dans l’Atlantique Sud et barré par le fort courant des Aiguilles qui interdit une route proche de la pointe de l’Afrique, IDEC doit alors descendre jusqu’au 45 degrés de latitude sud avant d’entamer sa remontée.  « Je ne savais plus très bien si j’allais à l’île Maurice ou aux Kerguelen ! » plaisante Francis. Une zone de hautes pressions va lui barrer la route, grande houle et pas de vent, cette bizarrerie va être un véritable enfer, Francis vit « les deux journées les plus lentes de ma carrière de marin ».

     

     

     

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    Pascal Bidégorry : en stand by pour le Trophée Jules Verne

     

    Un an après sa mise à l’eau, voici Banque Populaire sur le point de se lancer sur le grand défi pour lequel il a été conçu, et construit : le record du tour du monde, toujours détenu par Bruno Peyron en 50 jours 16 heures 20 minutes à 17,89 nœuds de moyenne, depuis 2005. « Je suis satisfait et admiratif du travail qui a été fait par le Team Banque Populaire. Nous avons pris le temps nécessaire pour arriver à un niveau de préparation adapté à ce défi et avons parfaitement respecté le planning. Nous avons cherché ces dernières semaines à prendre du recul par rapport à tout ce qui peut arriver à bord et à tous nos systèmes embarqués. On savait qu’ils étaient efficaces mais il nous restait quelques questions à régler dans la perspective d’un départ autour du monde sur un bateau neuf. Aujourd’hui on attend le départ avec sérénité ». Le bateau est donc prêt pour affronter le large et les éléments, et des hommes impatients d’en découdre ; l’équation initiale du Trophée Jules Verne propose d’ores et déjà deux éléments clés. Reste maintenant à trouver la configuration idéale pour s’élancer et en la matière, Pascal Bidégorry à son idée sur la question : « On essaie d’avoir une vision à suffisamment long terme pour entrer dans le Sud. Ce qui nous importe est d’avoir de l’avance sur Orange 2 et pas uniquement au niveau du Pot au Noir. Aujourd’hui, les systèmes dans l’hémisphère Sud me semblent très complexes et pas forcément très intéressants ».

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Groupama : avarie, escale en Afrique du Sud, et retour à la case départ

     

    La descente de l’Atlantique s’était pourtant bien déroulée. Même si, au huitième jour de mer, Groupama 3 était entré dans une phase de transition qui lui avait fait perdre une partie de son avance sur le temps de référence du Trophée Jules Verne. Puis le trimaran vert avait commencé à incurver sa trajectoire vers le sud, puis vers le sud est, toujours à plus de 22 nœuds de moyenne. Franck déclarait alors : « le rythme est pris car Groupama 3 est bien conçu pour se reposer. Les journées passent vite entre le sommeil, un peu de bricolage, les heures de barre et de quart, la contemplation de la mer. Mais on n'est pas débordé par le travail d'entretien ». Après une autre toute petite journée, Cammas avait retrouvé le plaisir des grandes (et rapides) glissades… Jusqu’à ce que, le 16 novembre, Franck n’appelle son équipe pour l'informer qu'une cloison de bras arrière bâbord avait cassé, entraînant une avarie importante sur le flotteur. Malgré la tempête, Groupama 3 faisait route à petite vitesse vers Cape Town distante de 1.700 milles et abandonnait donc cette tentative sur le Trophée Jules Verne. « On avait passé la nuit à bien naviguer pour rester devant le front et ce matin, Thomas Coville et Bruno Jeanjean qui étaient sur le pont ont entendu un grand ‘clac’ : il y avait une petite fissure entre le bras arrière et le flotteur bâbord. Ça bougeait beaucoup : on s'est arrêté plein vent arrière pour ouvrir la trappe et accéder à l'intérieur. Une partie du collage entre le bras et le flotteur au niveau de la cloison est cassé. La liaison est donc structurellement diminuée d'au moins 50%. Il est impossible de réparer en mer à cause des mouvements. En ce moment, on se fait encore secouer : il y avait 35 noeuds de vent par le travers au moment de l'avarie. Et maintenant, on s'est fait rattraper par le front et il y a 40 nœuds... On a affalé la grand voile et Groupama 3 navigue vent arrière pour éviter les mouvements brusques. On va établir un plan de route pour éviter d'avoir trop de vent et trop de vagues ». Présente lors de cet entretien téléphonique avec Franck, la Directrice de la communication externe de Groupama, Frédérique Granado précise : « Le plus important est que l'équipage soit sain et sauf. Notre priorité est qu'ils rallient Cape Town dans les meilleures conditions de sécurité. Nous savons pouvoir compter sur leur expérience et leur détermination pour préserver Groupama 3. Les entendre évoquer un nouveau départ cet hiver en est la meilleure preuve ».
    Au moment de l'avarie, Groupama 3 possédait encore 345 milles d'avance sur Orange 2 (soit plus d'une demi-journée) et progressait à plus de 25 nœuds de moyenne, en route directe vers l'archipel des Kerguelen. Un réparation de fortune a permis de tenir jusqu’à Cape Town, où les travaux se sont organisés, de façon à ce que le bateau puisse rapidement reprendre la mer et se présenter de nouveau sur la ligne de départ du Trophée Jules Verne avant janvier.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


    12 novembre 2009

     

    La semaine dernière, j’étais donc au Havre. J’ai déjeuné avec Hervé Cléris et Christophe Dietsch, et nous avons eu une conversation à propos des vitesses élevées atteintes désormais par les multicoques de 50 pieds, dignes de celles des 60 pieds d’il y a une quinzaine d’années, d’avant les foils. Le gain de poids, et une rigidité accrue n’expliquent pas tout. Nous avions alors évoqué une nouvelle approche dans le dessin des bateaux, et notamment des étraves plus fines, dotées d’un volume plus en vertical qu’en horizontal. Un dessin qui devait supprimer ce frein que l’on ressent sur des petits multicoques, genre Corsair 27, Dragonfly 28, à bord desquels on atteint finalement assez aisément des vitesses de 16-17 nœuds, au reaching sur mer plate. Sur les 50 pieds d’ancienne génération, cette vitesse se situait à 22-23 nœuds. Après, ça devenait un peu chaud, le signe que la vitesse limite est atteinte. J’ai connu ça deux fois, à bord de deux bateaux différents. Et ces deux bateaux ont un jour chaviré. Depuis leur mise à l’eau, les trois nouveaux 50 pieds ont attient des vitesses élevées, ils se sont offert des pointes à 28 nœuds. La progression semblait flagrante.
    Mais voilà, Actual a chaviré. Il va falloir maintenant comprendre.

     

    Le chavirage de Actual. Que s’est-il passé ?


    Yves le Blevec : « Le bateau naviguait au portant, très abattus, sous gennaker à une vitesse de 20 nœuds dans 20 à 25 nœuds de vent dans une mer un peu formée », raconte Yves. «  Il y a eu un bruit puis un coup sec, un coup de frein phénoménal. Le bateau s'est redressé puis s'est retourné brutalement par l'avant ». Il poursuit : « C'était d'une brutalité extrême, ça s'est passé en une à deux secondes. Jean n'a pas pu choquer l'écoute, il s'est fait emmener sur l'avant du bateau comme dans un accident de voiture. A ce moment là il n'y a plus rien à faire car moi j'étais en train de tomber. Je ne savais pas où j'allais tomber. Jean pendant ce temps était en train de plonger à l'intérieur. Et je me suis retrouvé dans l'eau. Je me suis senti rassuré de me retrouver dans l'eau. Et j'ai eu un nouveau un moment de frayeur en voyant le bateau me tomber dessus. Je me suis dit que la situation commençait à être critique. Le contact avec le bateau est revenu rapidement, pas de façon amicale car c'était tout le filet qui me tombait dessus. Par miracle le bateau s'est décalé et en une brassée ou deux j'ai pu attraper le filet et remonter sur le bateau sans me faire emprisonner. Je n'ai pas été très longtemps dans l'eau. A ce moment il y a eu un petit moment de flottement, Jean était à l'intérieur mais il ne savait pas où j'étais. Je suis remonté sur le bateau, j'ai appelé Jean, il m'a répondu. On s'appelait et on était inquiet pour l'autre. Rapidement nous avons ouvert la trappe qui nous a permis de communiquer et là on s'est dit « C'est dingue, qu'est ce qui s'est passé ? ! » On s'est dit tout va bien, on est tous les deux sains et saufs. Il fallait éviter l'accident car nous n'étions pas loin de la zone des cargos et nous étions pile sur la trajectoire des autres concurrents. Très vite Jean a enfilé sa combinaison de survie TPS et il est sorti sur la coque avec les flashlights et une VHF. Nous avons prévenu la course que tout allait bien. Nous n'étions pas en détresse, nous ne voulions pas déclencher tous les secours du monde mais simplement éviter d'être un danger pour les bateaux en navigation».
    Jean le Cam : « On était tranquille puis d'un coup poum paf en 3 secondes je n'ai jamais vu quelque-chose d'aussi brutal ! Hallucinant !  L'état de la mer était habituel au large de Cherbourg dans 25 noeuds de vent. Nous nous sommes retrouvés les fesses en l'air rapidement et après, le cul par terre, trois quatre secondes plus tard, l'étrave cassée. C'est le facteur classique quand cela freine en bas et accélère en haut, comme freiner avec une roue avant de vélo. C'était impressionnant, tu n'as pas le temps de respirer. Pour moi c'était facile car j'étais en train de sortir du poste de veille. Je n'ai pas eu le temps de tendre le bras que nous étions déjà à l'envers. Par-contre l'inquiétude était pour Yves qui pouvait rester sous le filet en mauvaise posture. Yves ne savait pas où j'étais et moi je ne savais pas où il était. Il fallait réagir très vite et s'il était sous le filet il fallait vite dégainer. Ce sont des moments qui ne durent pas très longtemps mais qui sont très intenses. Tu te dis qu'il est arrivé quelque chose à l'autre. Le reste c'est rien. On sait réagir et on sait ce que l'on a à faire. L'équipage de la SNSM a été extraordinaire. Avec une mer formée, ils ont réussi à beacher le semi-rigide sur le filet et le moteur a à peine touché le bras arrière. Deux hommes d'équipage sont montés à bord pour passer la patte d'oie et nous remorquer. Ce n'est pas facile à faire et ils sont très professionnels. Ce sont vraiment des personnes d'expérience. Nous sommes restés à bord jusqu'à ce que le bateau soit en remorque. Puis nous sommes montés à bord de la vedette. Nous avons mouillé le bateau à l'extérieur de la rade car nous avions 23 mètres de tirant d'eau  (avec le mât à l'envers ndlr).  Nous avons enlevé le mât puis nous l'avons remorqué dans la rade avant de retourner chercher le bateau. Le mât est entier, c'est complètement incroyable ».
    Quant aux causes, elles restent à identifier. Yves le Blevec et Jean le Cam, devant la violence du choc, n'excluent aucune hypothèse. Yves le Blevec : « nous avons peut-être heurté un objet non identifié. Nous n'avons aucune idée de ce qui a pu se passer. Nous allons prendre le recul nécessaire pour mesurer la casse et l'analyser. Nous le ferons bien évidemment en concertation avec l'architecte Guillaume Verdier, et le constructeur, Nicolas Groleau ».

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Tempête sur la Jacques Vabre


    A moins d’être un total inconscient (ou alors ne jamais avoir connu du réel mauvais temps au large), on n’aborde jamais l’arrivée d’un coup de vent dans la plus zen des attitudes. Sur cette Jacques Vabre, quelle que soit la route choisie, nord ou sud, chacun devrait avoir droit à son lot de déferlantes, de mer grosse, de pluie et de vent fort. Et bien sûr tout cela au près, dans le mauvais sens. Ce serait évidemment sinon trop facile.
    Comme d’habitude, c’est Franck-Yves Escoffier qui mène la danse des multicoques ; mais pas n’importe comment. Tandis que Roucayrol a pris le parti d’en baver et d’affronter le plus dur de la dépression, en allant chercher dans l’ouest (sur la route directe) la bascule qui devrait ensuite lui permettre d’allonger la foulée, l’équipage de la Crêpe a quant à lui préféré jouer la sécurité en plongeant plein au sud, dans l’espoir de ne pas devoir faire face à du trop gros mauvais temps. Comme l’expliquait Erwan Le Roux à la vacation de mercredi, « pas question pour un trimaran d’aller jouer au cœur de la dépression qui arrive ». Tous les fichiers météo et tous les concurrents de la Transat Jacques Vabre s’accordent sur un point : la dépression qui fonce sur eux promet des conditions dantesques. « On a mis plein gaz au sud. Si on va dans la dépression, on risque de faire du petit bois avec le bateau », déclare Erwan. A bord, l’équipage s’est organisé. « On a préparé le bateau, rangé, attaché toutes les voiles. Le vent a déjà tourné sud-ouest depuis le milieu de matinée, il fraîchit progressivement et nous avons déjà quatre mètres de creux. La mer est très formée. Nous sommes en train de « rentrer dans le dur ! », annonce Erwan.
    Mercredi matin, Crêpes Whaou ! naviguait déjà avec peu de surface de toile, sous ORC et deux ris dans la grand-voile. « Nous faisons très attention à ne pas abîmer les voiles. Dès que ça va monter encore, nous n’aurons plus qu’un troisième ris à prendre. Nous sommes prêts ! » Ce matin, Franck-Yves assurait avec soulagement n’avoir absolument rien cassé à bord depuis le départ. « Pas la moindre bricole et ça, c’est important pour entrer sereinement dans le gros temps »
    Il est suivi en cela par Guyader Urgence Climatique, toujours à l’affut d’un bon coup. L’avenir nous dira qui des nordistes ou des sudistes a fait le bon choix. On notera que Foncia de Desjoyeaux a pris cette même option, et il est le seul dans la flotte Imoca. Dans le Rhum comme dans le Vendée Globe, Mich Desj a déjà, par le passé, préféré laisser passer le mauvais temps avant d’attaquer de plus belle. Celui qui gagne est avant tout celui qui arrive. Finalement, qu’est-ce que c’est, un course à al voile ? Au départ, il y a un certain nombre de bateaux. Et à l’arrivée, c’est Desjoyeaux qui gagne. Il est bien sûr encore trop tôt pour en tirer des conclusions.
    Sinon, Fenêtre A-Cardinal est toujours en Bretagne sud, pour étudier l’étendue d’une fissure sur un bras de liaison, et Prince de Bretagne ne devrait plus tarder à aborder les côtes d’Espagne ou du Portugal, pour un pit stop au cours duquel ils doivent réparer une partie du chariot de grand-voile. Mais profitant d’une veine de vent encore maniable, le plan Irens s’apprêtait à longer les côtes de Galice afin d’engranger des milles, et retarder le moment où il leur faudra faire escale : pourquoi pas vendredi, quand le plus fort du coup de vent touchera les côtes de la péninsule ibérique ? Un gros mauvais temps qui a conduit Brit’Air à prendre la (sage) décision de ne pas reprendre la mer.
    Crêpes Whaou ! mène donc la flotte des multicoques, dans le sud, par le travers de la péninsule ibérique, avec une avance de 125 milles sur Guyader pour Urgence Climatique. « C’est l’enfer mais on tient le coup », explique Victorien. « Les conditions sont mauvaises, hachées, musclées et nous on est rincés ! Usés par le bruit des vagues et du vent et surtout des trois coques qui font badaboum toutes les cinq secondes. Chaque minute nous embarquons une cinquantaine de litres dans le cockpit avec un gros badaboum et un énorme splatch. Là il faut être rusé et malin. S’accroupir sous le roof, sinon… En plus d’être stressant, c’est physiquement très fatiguant car nous contractons le corps en permanence ».
    « On ira vite quand ce sera les conditions du bateau
     », rajoute Victorien. « Mais pas quand c’est risqué. On préserve les hommes et le bateau pour être à 100% quand il fera beau dans les alizés » !
    Au pointage de jeudi matin, on remarquait la quasi immobilité de Lalou Roucayrol, probablement contraint de se mettre à la cape en attendant des heures meilleures. Les sudistes allaient bénéficier de vents forts mais maniables, tandis que les partisans de la route Nord devaient encaisser des rafales à plus de 55 nœuds jeudi et plus de 60 nœuds vendredi…

     

    Guyader pour Urgence climatique

     

    A bord de Port Médoc – Région Aquitaine

     

    Crêpes Whaou ! et Groupe Actual sur la ligne de départ

    Coupe de l’America : ce sera peut-être Valence…


    Coupe de l’America : ce sera peut-être Valence…
    Dans une lettre adressée le 10 octobre à la Juge Kornreich de la Cour Suprême de New York, faisant suite aux discussions infructueuses avec le Golden Gate Yacht Club, la Société Nautique de Genève, Defender de l'America's Cup, confirme qu'elle organisera un Deed of Gift Match « en février 2010 à Valencia, une date et un lieu demandés à plusieurs reprises par le Challenger et acceptés par décision du Tribunal. La SNG a également exprimé son intention de publier l'Avis de Course de la 33e America's Cup qui prendra effet immédiatement ». Bien que la SNG confirme la ville de Valencia comme site d'accueil de la 33e America's Cup en février 2010, « la proposition faite au GGYC pour un plan d'eau australien reste sur la table jusqu'au 13 novembre 2009, à condition que le GGYC accepte de mettre fin à toute action judiciaire ». Le skipper d'Alinghi, Brad Butterworth, qui a participé aux discussions à New York, déclarait « nous y sommes allés de bonne foi, prêts à faire des concessions pour que la Coupe se dispute enfin sur l'eau en février dans un duel entre deux multicoques ultra modernes. Malheureusement, Oracle a une fois de plus adopté une attitude de prise de pouvoir. Cette fois leur priorité est de retarder la course car ils ne sont pas prêts. À l'origine, ils ont tout fait pour que l'épreuve ait lieu en février car à l'époque cela les avantageait. Maintenant ils doivent assumer leur choix. Je pense parler au nom de toute la communauté quand je dis que nous voulons voir la Coupe se résoudre sur l'eau le plus vite possible ».
    Suite au prochain épisode.

     

    Groupama 3 : 5 jours 15 heures et 23 minutes pour attraper l’Equateur


    Soit 3.235 milles à 24 nœuds de moyenne. En route pour tenter d’accrocher à son palmarès le Trophée Jules Verne, il aura donc fallu moins de six jours aux hommes de Franck Cammas pour franchir l’équateur, avec au final un jour onze heures trente-trois minutes d'avance sur le temps du record du Trophée Jules Verne établi en 2005 par Orange 2. « Le passage de la ligne s'est fait aux toutes premières lueurs du jour, j'étais de quart avec Franck (Cammas) et Loïc (Le Mignon) quand on a franchi l'équateur. On regardait défiler les milles sur le GPS pour savourer le passage au moment précis : c'est toujours un moment un petit peu magique quand on passe d'un hémisphère à l'autre... On est plutôt mieux que ce qu'on aurait pu prévoir au départ de Ouessant, on a eu plus de vent semble-t-il. On a amélioré le temps d'une quinzaine d'heures : c'est de bon augure de rentrer dans le match de cette manière avec un bateau en parfait état... On sent que Groupama 3 a été très bien préparé, c'est vraiment agréable de voir ce degré de travail qui a été apporté autour de ce bateau avec toute l'équipe technique. Aujourd'hui, on en savoure les moyens et ça nous permet de naviguer dans de bonnes conditions », indiquait Jacques Caraës lors de la vacation radio de midi.
    Le cap de Bonne-Espérance est à un peu plus de 3.500 milles en route directe des étraves de Groupama 3 : s'il maintient sa cadence à 24 nœuds de moyenne depuis le départ, il lui faudra entre sept et neuf jours pour l'atteindre...

     

     

     

     

     


    9 novembre 2009

     

    Le mois d’octobre a passé bien vite, entre plusieurs bouclages de magasines, de nombreuses démarches pour faire avancer le projet de Route du Rhum, une visite au Havre au départ de la Transat Jacques Vabre, etc. Les voici enfin de retour, les news du monde des multicoques de course. Une actualité riche, qu’il s’agisse du départ de Groupama 3 sur le Trophée Jules Vernes, des imbroglios juridiques autour de la Coupe de l’America, ou encore le départ mouvementé de la Transat Jacques Vabre.

     

    Groupe Actual ne gagnera pas la Transat Jacques Vabre (Photos © T. Martinez)
    Rappel du début de course. Dimanche 8 novembre, à la sortie des bateaux, une brise paresseuse de sud-est peinait à se lever et promettait un début de course tout en langueur. Franck-Yves Escoffier et Erwan Leroux (Crêpes Whaou !) prenaient le meilleur départ devant Victorien Erussard et Loïc Féquet (Guyader pour Urgence Climatique). Calé à leur vent, Hervé Cléris et Christophe Dietsch (Prince de Bretagne) montraient que leur handicap de préparation n'avait en rien entamé leur pugnacité. Mais rapidement le tandem Yves Le Blévec et Jean Le Cam (Actual) faisait parler le potentiel de leur plan Verdier pour revenir au contact des deux leaders. Après quelques milles à peine, les deux nouveaux derniers-nés de la classe Multi50 commençaient à se détacher du reste de la flotte, talonnés encore par l'équipage malouin, Erussard et Féquet. S'engageait alors une bataille d'empannages. La fête s’annonçait belle. Et patatras. Actual a chaviré. C’est un coup dur pour la Classe 50. La série noire, qui avait commencé par la surprenante avarie survenue sur le tout nouveau trimaran de Hervé Cléris, dont le flotteur tribord s’est désolidarisé des bras, continuait (le tandem Cléris Dietsch a pris le départ de la course à bord du premier Prince de Bretagne). Il y a eu ensuite la collision du trimaran de Lalou Roucayrol avec un chalutier, alors qu’il se rendait au Havre, fin octobre ; la réparation effectuée tambour battant lui a heureusement permis d’être sur la ligne de départ. Et quelques heures seulement après le départ de la course, Actual, l’un des trois tout nouveaux bateaux de la classe, chavirait, avec à son bord bien sûr Yves Le Blévec et Jean Le Cam. Qu’il paraît désormais bien loin ce souhait de Jean Le Cam qui déclarait au départ : « nous allons prendre un départ assez tranquille dans des conditions médium qui vont se renforcer un petit peu. Nous allons sortir de la Manche sur un seul bord. C'est relativement facile et plutôt cool. Nous avons un double challenge, battre les multicoques et tout le monde ... J'aimerais accueillir les monocoques au Costa Rica ! » Las… Une victoire du tandem Le Blévec Le Cam aurait mis un terme à la suprématie de Crêpe Whaou !, le troisième du nom. Et assis définitivement la classe. Mais voilà. La mer formée au large du Ras Blanchard a eu raison du trimaran vert. Franck-Yves Escoffier, président de la classe, et skipper du trimaran rouge, déclarait hier soir : « Ca nous a vraiment filé les boules. Je comprends, ça peut arriver, mais c'est moche pour tout, pour la classe Multi50, et pour la course. Mais le principal, c'est que les deux bonhommes ont pu être récupérés. Quand ils ont chaviré, ont était à un mille devant et effectivement il y a eu un grain avec 30 degrés de refus. Il fallait être à l'écoute de gennaker et moi j'ai choqué à temps. Puis on a calmé le jeu, on est repartis grand voile un ris et j'ai appris leur accident deux heures après. Quand tu entends ça, tu lèves évidemment un peu plus le pied. J'y ai pensé toute la nuit, j'ai eu du mal à décrocher. On va continuer à naviguer mais il est évident que ce n'est plus pareil. Même si je me méfie tout de même des autres et notamment de Guyader pour Urgence Climatique. Avec le temps que l'on prévoit dans les jours à venir il va falloir être vigilant. La journée va être bien car on est dans une dorsale anticyclonique mais dans une trentaine d'heures ça va être plus violent, il va falloir trouver une solution pour ne pas aller se mettre dans la grosse mer. Moi j'ai dormi 1 heure ½ cette nuit donc aujourd'hui on va en profiter pour se reposer et bien s'alimenter tout en faisant avancer le bateau. On va bien contrôler et surveiller le matériel aussi. » Les Multi50 effectueront un parcours un peu plus long que les monocoques Imoca 60, soit 5050 milles pour les Multi50 et 4730 milles pour les monocoques. Ils contourneront l'arc antillais par le sud. Un pronostique pour l’arrivée ? Euh… La Crêpe ?

     

    Les bateaux au départ : Yves Le Blévec et Jean Le Cam sur Actual, Franck-Yves Escoffier et Erwan Leroux sur Crêpes Whaou !, Alain Maignan et Nicole Harel sur Fenetre A- Cardinal, Victorien Erussard et Loïc Fequet sur Guyader pour Urgence Climatique, Lalou Roucayrol et Amaiur Alfaro sur Region Aquitaine – Port Medoc. Et Hervé Cléris et Christophe Dietsch sur prince de Bretagne.

     

     

    Groupama 3 sur le Jules Verne : près d’une journée d’avance au Cap Vert ! (Photo © Y. Zedda)
    Groupama 3 s’est donc élancé le jeudi 5 novembre dernier, à16h50'22'' précises, devant le phare de Créac'h, sur l’île de Ouessant, par une bonne brise de nord-ouest et une mer formée. Franck Cammas et ses neuf équipiers doivent donc être de retour avant le 26 décembre au matin pour battre le record détenu par Bruno Peyron et son équipage en 2005 (50j16h20m). L’entrée en matière aura été musclée, sous un ciel de traîne avec cumulonimbus générant une brise de vingt à vingt-cinq nœuds avec des rafales à plus de trente-cinq nœuds ; le tout sur une mer dure à la sortie de la Manche avec près de sept mètres de creux au large ! Deux jours plus tard, samedi, Groupama 3 maintenait des moyennes autour de 28 nœuds et naviguait à une centaine de milles dans le nord ouest de Madère. Et le lendemain, en une seule journée, Groupama 3 avait réussi non seulement à combler son retard sur le temps de référence, mais aussi à gagner pratiquement une journée sur le parcours de Bruno Peyron en 2005 ! Avec en prime une journée de plus de 700 milles parcourus en 24 heures. Groupama 3 tire donc un grand trait vers le sud-sud est à vitesse régulière, poussé par des alizés variant de 22 à 35 nœuds sous les grains. Franck Cammas décrivait alors « une mer courte qui nous a donné quelques émotions : on a été jusqu'à deux ris et foc solent ! Nous avons fait des pointes jusqu'à 42 nœuds, mais ce n'est pas notre objectif d'aller très vite : il faut d'abord faire la route... ». A l'approche du Pot au Noir, les vents de nord est devaient faiblir, rendant plus affûtée la problématique du skipper, du navigateur et du routeur à terre, et qui consiste  à bien cerner la zone la plus optimale pour franchir ce magma de vents instables…


    L'équipage et l'organisation à bord de Groupama 3 :
    • Quart n° 1 : Franck Cammas / Loïc Le Mignon / Jacques Caraës
    • Quart n° 2 : Stève Ravussin / Thomas Coville / Bruno Jeanjean
    • Quart n° 3 : Fred Le Peutrec / Lionel Lemonchois / Ronan Le Goff
    • Navigateur hors quart : Stan Honey monte sur le pont pendant les manoeuvres
    • Chaque quart dure trois heures

    • Un quart sur le pont, un quart en stand-by prêt à manoeuvrer, un quart de repos total

     

     

    Banque Populaire : en stand bye à partir du 15 novembre (Photo © Banque Populaire)

    L’équipage est constitué d’une part de personnes qui naviguent ensemble depuis plusieurs années, mais aussi de personnes qui ont construit le Maxi Banque Populaire V, « qui le connaissent donc dans les moindre détails et sont capables de le démonter entièrement », déclarait Pascal Bidegorry à quelques semaines du départ. « Mais nous avons également voulu avoir des valeurs ajoutées extérieures. Dans chaque quart, il y aura systématiquement un membre du Team Banque Populaire. La composition de l’équipage repose avant tout sur une alchimie. Le but est d’arriver à la cohérence, à la complémentarité. L’aspect humain me parait primordial sur un défi comme celui là ». Au cas où les deux bateaux étaient partis en même temps, Pascal déclarait avant le départ de Groupama : «  si on est amenés à partir ensemble ce sera, en ce qui me concerne, avec plaisir », avant de continuer : «  C’est quelque chose d’excitant mais qu’il va falloir doser à bon escient. L’équipe de Franck Cammas, comme la nôtre, est composée de gens sérieux et prudents. Je n’ai pas d’inquiétude. C’est même plutôt rassurant de savoir qu’ils ne seront peut-être pas loin »…

     

     

    Groupama 4 sera un VOR 60 ! (Photo © Groupama) 
    Il s’agit d’un monocoque et l’évènement est de taille. De nombreux navigateurs français s’y sont essayés, Christophe Auguin, Isabelle Autissier en leurs temps, et aucun n’y était arrivé (depuis Lionel Péan, au siècle dernier) : engager un bateau français au départ de la plus importante course au tour du monde en équipage et avec escales, la Volvo round the world race, ex. Whtibread. Engagé dans la voile depuis 1997 aux côtés de Franck Cammas, Groupama a décidé de renouveler sa confiance à son skipper. « Cela fait maintenant plus de 12 ans qu'en tant qu'armateur, nous écrivons une histoire commune avec Franck Cammas et le team Groupama. Aujourd'hui, nous avons décidé de poursuivre cet engagement en participant à la Volvo Ocean Race pour insuffler une dynamique plus internationale à notre projet commun. En effet, Groupama se développe fortement à l'international - où nous réalisons près de 30% de notre activité - et la Volvo Ocean Race est clairement l'épreuve sportive la plus adaptée à ce nouvel essor de notre groupe » déclare Frédérique Granado, directrice de la communication externe de Groupama. « Nous faisons confiance à Franck pour relever ce nouveau défi car nous apprécions ses capacités à créer un team, diriger un équipage et aussi à concevoir des bateaux performants. Ces qualités seront décisives dans la Volvo Ocean Race ». La durée de cet engagement a permis à Groupama d'être l'une des marques française parmi les mieux mémorisée dans l'univers de la voile. Le bateau sera dessiné par Juan Kouyoumdjian ; il a remporté les deux dernières éditions de la course. Côté organisation, Knut Frostad, de la Volvo Ocean Race se félicite : «c'est une excellente nouvelle, je connais Franck Cammas et son équipe depuis longtemps. Ce sont de redoutables compétiteurs, remarquablement organisés. Je leur souhaite la bienvenue ». La Volvo Ocean Race est un tour du monde en équipages avec escales en monocoque, organisée tous les 3 ans pour une durée de course de 9 mois. Elle se court à bord de monocoques de 70 pieds.

     

     

    Coupe de l’América : le ton monte entre suisses et américains (photo © Alinghi)
    Le 2 octobre dernier, Brad Butterworth, quadruple vainqueur de l'America's Cup et skipper du Defender de l'America's Cup Alinghi, déclarait, suite à la nouvelle action en justice du challenger américain BMW Oracle, que « Larry Ellison, Russell Coutts et leur yacht club, le Golden Gate, semblent croire que la 33e America's Cup peut se gagner au tribunal, comme le montre leur 7e action en justice ». Les suisses ne semblent pas vouloir retourner devant les tribunaux, soulignant le comportement  « anti-sportif » des Américains. Car l'ordonnance du juge Cahn de la Cour Suprême de New York en 2008 a précisé  que le site de l'America's Cup doit  être Valencia « ou tout autre lieu choisi par la SNG ». Quant à la sécurité du team BMW BMW Oracle, Brad Butterworth indiquait que des sportifs de haut niveau s’y rendent, Tiger Woods ou Roger Federer. Avant de conclure : « nous pensons que cette action en justice est une nouvelle tactique de Larry Ellison et de BMW Oracle pour éviter de nous affronter sur l'eau ».  L'America's Cup Match est toujours prévue pour le 8 février 2010.
    Le dernier épisode date du 5 novembre, quand la Société Nautique de Genève (SNG), a proposé au challenger américain une alternative quant au lieu de l'événement, «  pour tenter de mettre fin à leur incessant litige et ramener la Coupe sur l'eau ». Bien que la préférence du Defender pour ce Deed of Gift Match reste Ras al-Khaïma aux Émirats Arabes Unis, la SNG propose « d'organiser la 33e America's Cup sur la côte Est de l'Australie dans l'hémisphère sud comme le veut le Deed of Gift, pour que le Match puisse avoir lieu en février prochain ». Les conditions météo sur la côte est de l'Australie où les conditions météo semblent en effet adaptées à l'organisation des régates en février. Techniquement, cette partie de l’Australie est à environ deux semaines et demi de cargo de la base de BMW Oracle à San Diego, et trois semaines pour Alinghi depuis Ras al-Khaïma, où le grand catamaran a commencé ses entraînements depuis le début du mois de octobre. Parallèlement, le trimaran BMW Oracle a été remis à l’eau, il est désormais équipé d’un moteur, chargé d’alimenter une pompe hydraulique et les différents mécanismes du bateau. Exit la force humaine…

     

     

     

    Les MOD 70 se mettent à l’eau.

    Le programme est ambitieux, à vocation internationale, un championnat de multicoques de 70 pieds combinant courses océaniques, tour du monde (2013), tour d’Europe (2012) et ‘city races’, prévu pour attirer tous les meilleurs skippers du monde. Des multicoques monotypes de 70’, qui épousent l’air du temps en portant le message d’une « initiative éco-responsable appelée la ‘Multi One Attitude’, avec pour objectif « la préservation de l’Eau ». La livraison du premier MOD 70 est annoncée pour octobre 2010. L’organisateur du circuit table sur cinq bateaux en 2011, 8 en 2012, avec un numérus closus de 12 trimarans. Avec la monotypie, on espère ainsi ne pas recommencer les erreurs de l’Orma avec une envolée des budgets et un manque de visibilité qui ont fini par signifier son arrêt de mort. Affaire à suivre donc !

     

    IShare Cup 2009 : Masirah sacré champion !

    Il aura fallu attendre la dernière manche, courue à Alméria, en Espagne, pour connaître le vainqueur de la saison : jusqu’au bout, Gitana Extreme – groupe LCF Rothschild, barré par Yann Guichard, s’est montré combatif. Loïc Peyron termine le podium. L’équipage de Pete Cuming a peut-être gagné dans la brise, c’est surtout l’analyse de Franck Cammas (qui termine troisième à Alméria : « entre Masirah et Gitana, chacun a enchaîné des bonnes manches et des moins bonnes. Comme nous, Masirah est plus à l'aise quand il y a du vent ». Quant à Pete Cummig, il déclarait, libéré, et avec sincérité : « Voilà deux ans que j’en rêve. Depuis Amsterdam, j’en fais des insomnies, car je n’aurais pas supporté de ne pas gagner. Aujourd’hui, je suis passé du statut de l’homme le plus stressé d’Espagne à celui d’homme le plus heureux du pays ». Avant de continuer : « c’est le sommet de ma carrière sportive. Lorsque je me suis retrouvé au lancement de la saison avec tous ces champions, j’étais très intimidé mais aujourd’hui je peux me tenir à leurs côtés ». Félicitations, et quelle humilité !

     

    Classement final de l'iShares Cup Extreme 40 Sailing Series 2009
    1. Masirah 53 points. 2. Gitana Extreme - Groupe LCF Rothschild 52 points. 3. Renaissance 49 points. 4. Groupama 41 points. 5. iShares 27 points. 6. BT 26 points. 7. Luna 26 points. 8. Holmatro 24 points. 9. Ecover

     

     

     



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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