|
|
|
24 novembre 2009
Transat Jacques Vabre : Crêpes Whaou ! vainqueur au Costa-Rica
Comme il y a quatre ans à Salvador de Bahia, au Brésil, Crêpes Whaou ! a franchit ce matin à 5h30 la ligne d’arrivée de la Transat Jacques Vabre. Il était 22h30 heure locale, pourtant, pas moins de 6.000 personnes étaient là sur les jetées à attendre Franck-Yves Escoffier et Erwan Le Roux. Crêpes Whaou ! remporte donc pour la troisième fois la Route du Café en Multi50. Il a effectué la traversée Le Havre – Puerto Limon en 15 jours, 15 heures et 30 minutes à la vitesse moyenne de 13,44 nœuds. A peine la ligne franchie, il déclarait : « C’est un peu incroyable d’avoir une telle arrivée. On est en pleine forme mais j’avoue qu’on a un peu tiré sur la paillasse comme on dit. Il a fallu cravacher. On s’était donné comme objectif d’arriver les premiers de toute la flotte car sans objectif, on aurait été mauvais. Le bateau est super, il est bien né, c’est un avion. Mais il faut savoir le maîtriser. Avec celui là, on a plus de risques de se mettre sur le toit qu’avec le précédent ! » Il est donc arrivé quelques heures avant le premier 60 pieds, Safran co skippé par Marc Guillemot et Charles Caudrelier, qui lui a franchit la ligne d’arrivée à 9 heures, 52 minutes, 10 secondes (heure de Paris). Sa vitesse moyenne a été de 12,46 nœuds Pourtant, le parcours des trimarans prévoyait un parcours plus long de 300 milles, sans compter les violentes dépressions et le vent debout qui ne sont pas les conditions idéales pour un multicoque.
|
|
|
Transat Jacques Vabre : derrière,Guyader pour Urgence Climatique cravache à 16 nœuds
Derrière, avec un bateau plus ancien et incapable de suivre le rythme imposé par la Crêpe, Guyader pour Urgence Climatique affiche son ambition : rattraper un maximum de monocoques. Alors que Franc-Yves accrochait de la ligne, Victorien et Erwan cravachaient en direction des Antilles à 16 nœuds de moyenne. Guyader pour Urgence Climatique, partisan de la route Sud comme Crêpes Whaou ! (à l’inverse de Région Aquitaine – Port Médoc, adepte de la route Nord, ont subi les caprices météo plus qu’ils n’ont pu les utiliser. Grâce à leur option sud, plus sage, Victorien et Loïc ont pu sortir de la tourmente en pleine forme, hommes comme bateau, avec une légère avance sur leurs poursuivants. Une avance qui leur a permis d’éviter en partie les aléas de l’anticyclone qui ont piégé Lalou Roucayrol et Amaiur Alfaro. Reste que maintenant Victorien et Loïc sont bien seuls : « j’aimerais bien faire 20 degrés de plus vers l’ouest. Ce qui est intéressant, c’est la vitesse. On est à 15 nœuds de moyenne et j’espère pouvoir me rapprocher des Imoca Véolia et Artémis pour pouvoir s’amuser un petit peu, faute de concurrence en multi ». Avant de poursuivre : « Lalou, on est en train de le distancer et les trois autres ont eu des soucis techniques. Avec Lalou c’était sympa on se tirait la bourre il y a quelques jours et puis là il commence à décrocher. Il peut encore revenir mais on va assez vite et les conditions sont optimales pour notre bateau. De toute façon notre objectif est de conserver cette deuxième place jusqu’à l’arrivée » !
|
|
|
Transat Jacques Vabre : tandis que Prince de Bretagne quittait enfin les Canaries
|
|
|
Transat Jacques Vabre : Jean-François Cuzon et Sébastien Josse sont saints et saufs, BT remorqué jusqu’à Terceira !
|
|
|
Francis Joyon établi un nouveau temps de référence entre la Bretagne et l’île Maurice
Parti le samedi 17 octobre de Port Louis, à l’assaut des 8.000 milles théoriques de ce nouveau record Francis Joyon est arrivé ce jeudi 12 novembre à 16h 03’ 45’’ heure française. Il a bouclé sa navigation de 10.304 milles nautiques en 26 jours 4 heures 13 minutes et 29 secondes, à la vitesse moyenne de 16,40 nœuds. Avant son départ, Francis estimait le temps de cette navigation à environ 25 jours.
|
|
|
Pascal Bidégorry : en stand by pour le Trophée Jules Verne
Un an après sa mise à l’eau, voici Banque Populaire sur le point de se lancer sur le grand défi pour lequel il a été conçu, et construit : le record du tour du monde, toujours détenu par Bruno Peyron en 50 jours 16 heures 20 minutes à 17,89 nœuds de moyenne, depuis 2005. « Je suis satisfait et admiratif du travail qui a été fait par le Team Banque Populaire. Nous avons pris le temps nécessaire pour arriver à un niveau de préparation adapté à ce défi et avons parfaitement respecté le planning. Nous avons cherché ces dernières semaines à prendre du recul par rapport à tout ce qui peut arriver à bord et à tous nos systèmes embarqués. On savait qu’ils étaient efficaces mais il nous restait quelques questions à régler dans la perspective d’un départ autour du monde sur un bateau neuf. Aujourd’hui on attend le départ avec sérénité ». Le bateau est donc prêt pour affronter le large et les éléments, et des hommes impatients d’en découdre ; l’équation initiale du Trophée Jules Verne propose d’ores et déjà deux éléments clés. Reste maintenant à trouver la configuration idéale pour s’élancer et en la matière, Pascal Bidégorry à son idée sur la question : « On essaie d’avoir une vision à suffisamment long terme pour entrer dans le Sud. Ce qui nous importe est d’avoir de l’avance sur Orange 2 et pas uniquement au niveau du Pot au Noir. Aujourd’hui, les systèmes dans l’hémisphère Sud me semblent très complexes et pas forcément très intéressants ».
|
|
|
Groupama : avarie, escale en Afrique du Sud, et retour à la case départ
La descente de l’Atlantique s’était pourtant bien déroulée. Même si, au huitième jour de mer, Groupama 3 était entré dans une phase de transition qui lui avait fait perdre une partie de son avance sur le temps de référence du Trophée Jules Verne. Puis le trimaran vert avait commencé à incurver sa trajectoire vers le sud, puis vers le sud est, toujours à plus de 22 nœuds de moyenne. Franck déclarait alors : « le rythme est pris car Groupama 3 est bien conçu pour se reposer. Les journées passent vite entre le sommeil, un peu de bricolage, les heures de barre et de quart, la contemplation de la mer. Mais on n'est pas débordé par le travail d'entretien ». Après une autre toute petite journée, Cammas avait retrouvé le plaisir des grandes (et rapides) glissades… Jusqu’à ce que, le 16 novembre, Franck n’appelle son équipe pour l'informer qu'une cloison de bras arrière bâbord avait cassé, entraînant une avarie importante sur le flotteur. Malgré la tempête, Groupama 3 faisait route à petite vitesse vers Cape Town distante de 1.700 milles et abandonnait donc cette tentative sur le Trophée Jules Verne. « On avait passé la nuit à bien naviguer pour rester devant le front et ce matin, Thomas Coville et Bruno Jeanjean qui étaient sur le pont ont entendu un grand ‘clac’ : il y avait une petite fissure entre le bras arrière et le flotteur bâbord. Ça bougeait beaucoup : on s'est arrêté plein vent arrière pour ouvrir la trappe et accéder à l'intérieur. Une partie du collage entre le bras et le flotteur au niveau de la cloison est cassé. La liaison est donc structurellement diminuée d'au moins 50%. Il est impossible de réparer en mer à cause des mouvements. En ce moment, on se fait encore secouer : il y avait 35 noeuds de vent par le travers au moment de l'avarie. Et maintenant, on s'est fait rattraper par le front et il y a 40 nœuds... On a affalé la grand voile et Groupama 3 navigue vent arrière pour éviter les mouvements brusques. On va établir un plan de route pour éviter d'avoir trop de vent et trop de vagues ». Présente lors de cet entretien téléphonique avec Franck, la Directrice de la communication externe de Groupama, Frédérique Granado précise : « Le plus important est que l'équipage soit sain et sauf. Notre priorité est qu'ils rallient Cape Town dans les meilleures conditions de sécurité. Nous savons pouvoir compter sur leur expérience et leur détermination pour préserver Groupama 3. Les entendre évoquer un nouveau départ cet hiver en est la meilleure preuve ».
|
|
|
12 novembre 2009
La semaine dernière, j’étais donc au Havre. J’ai déjeuné avec Hervé Cléris et Christophe Dietsch, et nous avons eu une conversation à propos des vitesses élevées atteintes désormais par les multicoques de 50 pieds, dignes de celles des 60 pieds d’il y a une quinzaine d’années, d’avant les foils. Le gain de poids, et une rigidité accrue n’expliquent pas tout. Nous avions alors évoqué une nouvelle approche dans le dessin des bateaux, et notamment des étraves plus fines, dotées d’un volume plus en vertical qu’en horizontal. Un dessin qui devait supprimer ce frein que l’on ressent sur des petits multicoques, genre Corsair 27, Dragonfly 28, à bord desquels on atteint finalement assez aisément des vitesses de 16-17 nœuds, au reaching sur mer plate. Sur les 50 pieds d’ancienne génération, cette vitesse se situait à 22-23 nœuds. Après, ça devenait un peu chaud, le signe que la vitesse limite est atteinte. J’ai connu ça deux fois, à bord de deux bateaux différents. Et ces deux bateaux ont un jour chaviré. Depuis leur mise à l’eau, les trois nouveaux 50 pieds ont attient des vitesses élevées, ils se sont offert des pointes à 28 nœuds. La progression semblait flagrante.
Le chavirage de Actual. Que s’est-il passé ?
|
|
|
Tempête sur la Jacques Vabre
|
Guyader pour Urgence climatique
A bord de Port Médoc – Région Aquitaine
Crêpes Whaou ! et Groupe Actual sur la ligne de départ |
|
Coupe de l’America : ce sera peut-être Valence…
|
![]() |
|
Groupama 3 : 5 jours 15 heures et 23 minutes pour attraper l’Equateur
|
|
|
9 novembre 2009
Le mois d’octobre a passé bien vite, entre plusieurs bouclages de magasines, de nombreuses démarches pour faire avancer le projet de Route du Rhum, une visite au Havre au départ de la Transat Jacques Vabre, etc. Les voici enfin de retour, les news du monde des multicoques de course. Une actualité riche, qu’il s’agisse du départ de Groupama 3 sur le Trophée Jules Vernes, des imbroglios juridiques autour de la Coupe de l’America, ou encore le départ mouvementé de la Transat Jacques Vabre.
Groupe Actual ne gagnera pas la Transat Jacques Vabre (Photos © T. Martinez)
Les bateaux au départ : Yves Le Blévec et Jean Le Cam sur Actual, Franck-Yves Escoffier et Erwan Leroux sur Crêpes Whaou !, Alain Maignan et Nicole Harel sur Fenetre A- Cardinal, Victorien Erussard et Loïc Fequet sur Guyader pour Urgence Climatique, Lalou Roucayrol et Amaiur Alfaro sur Region Aquitaine – Port Medoc. Et Hervé Cléris et Christophe Dietsch sur prince de Bretagne.
Groupama 3 sur le Jules Verne : près d’une journée d’avance au Cap Vert ! (Photo © Y. Zedda)
Banque Populaire : en stand bye à partir du 15 novembre (Photo © Banque Populaire) L’équipage est constitué d’une part de personnes qui naviguent ensemble depuis plusieurs années, mais aussi de personnes qui ont construit le Maxi Banque Populaire V, « qui le connaissent donc dans les moindre détails et sont capables de le démonter entièrement », déclarait Pascal Bidegorry à quelques semaines du départ. « Mais nous avons également voulu avoir des valeurs ajoutées extérieures. Dans chaque quart, il y aura systématiquement un membre du Team Banque Populaire. La composition de l’équipage repose avant tout sur une alchimie. Le but est d’arriver à la cohérence, à la complémentarité. L’aspect humain me parait primordial sur un défi comme celui là ». Au cas où les deux bateaux étaient partis en même temps, Pascal déclarait avant le départ de Groupama : « si on est amenés à partir ensemble ce sera, en ce qui me concerne, avec plaisir », avant de continuer : « C’est quelque chose d’excitant mais qu’il va falloir doser à bon escient. L’équipe de Franck Cammas, comme la nôtre, est composée de gens sérieux et prudents. Je n’ai pas d’inquiétude. C’est même plutôt rassurant de savoir qu’ils ne seront peut-être pas loin »…
Groupama 4 sera un VOR 60 ! (Photo © Groupama)
Coupe de l’América : le ton monte entre suisses et américains (photo © Alinghi)
Les MOD 70 se mettent à l’eau. Le programme est ambitieux, à vocation internationale, un championnat de multicoques de 70 pieds combinant courses océaniques, tour du monde (2013), tour d’Europe (2012) et ‘city races’, prévu pour attirer tous les meilleurs skippers du monde. Des multicoques monotypes de 70’, qui épousent l’air du temps en portant le message d’une « initiative éco-responsable appelée la ‘Multi One Attitude’, avec pour objectif « la préservation de l’Eau ». La livraison du premier MOD 70 est annoncée pour octobre 2010. L’organisateur du circuit table sur cinq bateaux en 2011, 8 en 2012, avec un numérus closus de 12 trimarans. Avec la monotypie, on espère ainsi ne pas recommencer les erreurs de l’Orma avec une envolée des budgets et un manque de visibilité qui ont fini par signifier son arrêt de mort. Affaire à suivre donc !
IShare Cup 2009 : Masirah sacré champion ! Il aura fallu attendre la dernière manche, courue à Alméria, en Espagne, pour connaître le vainqueur de la saison : jusqu’au bout, Gitana Extreme – groupe LCF Rothschild, barré par Yann Guichard, s’est montré combatif. Loïc Peyron termine le podium. L’équipage de Pete Cuming a peut-être gagné dans la brise, c’est surtout l’analyse de Franck Cammas (qui termine troisième à Alméria : « entre Masirah et Gitana, chacun a enchaîné des bonnes manches et des moins bonnes. Comme nous, Masirah est plus à l'aise quand il y a du vent ». Quant à Pete Cummig, il déclarait, libéré, et avec sincérité : « Voilà deux ans que j’en rêve. Depuis Amsterdam, j’en fais des insomnies, car je n’aurais pas supporté de ne pas gagner. Aujourd’hui, je suis passé du statut de l’homme le plus stressé d’Espagne à celui d’homme le plus heureux du pays ». Avant de continuer : « c’est le sommet de ma carrière sportive. Lorsque je me suis retrouvé au lancement de la saison avec tous ces champions, j’étais très intimidé mais aujourd’hui je peux me tenir à leurs côtés ». Félicitations, et quelle humilité !
Classement final de l'iShares Cup Extreme 40 Sailing Series 2009
|
|
© Textes et images Gilles Ruffet (sauf autres mentions) /
Contact : contact@gilles-ruffet.com Webdesign Vonne Blanchet |