Actualités de la course au large  /Archives janvier 2010  
  • 18 Janvier 2010
  • 6 janvier 2010
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    18 Janvier 2010

     

    Les petits multicoques officiellement admis en classe Rhum


    La nouvelle est d’importance et était attendue avec impatience par les six skippers prétendants à concourir la Route du Rhum : Etienne Giroire, Charlie Capelle, Reini Gelder, Jacques Vincent, Jean-Paul Froc, et moi-même. Un avenant à l’avis de course a été publié, il indique notamment : « en catégorie Rhum, les multicoques et monocoques dont la LHT est comprise entre 39’ et 59’ », sous réserve qu’au moins 5 voiliers soient régulièrement inscrits dans cette classe au plus tard le 31 mai 2010.

     

    Pour ce qui est de mes recherches de sponsors (ce qui est tout de même le nerf de la guerre), les choses progressent, j’ai rencontré plusieurs décideurs et les pourparlers avancent, même si rien n’est encore fait. Une chose est sûre, je serai à Saint-Malo le 31 octobre prochain. Pour ce faire je continue les entraînements en trimaran, à bord d’une petite bombe à trois pattes, Caïman, le Corsair 27 de mon ami Gérard. Un peu de brise, quelques rayons de soleil, et nous prenons le chemin des Pertuis pour des bords endiablés.

    Photo © AFP

    Bruno Peyron et ex. Orange 2 sur le Rhum : pas si fou que ça…


    Orange 2 est le grand catamaran (38 mètres) avec lequel Bruno Peyron détient le Trophée Jules Verne, après lequel courent Franck Cammas et Pascal Bidegory. L’ainé des Peyron détient ce record depuis le 16 mars 2005, en 50j 16h 20mn 4sec. En novembre dernier, Bruno Peyron déclarait à Philippe Eliès du Télégramme « le bateau existe et il reste l'engin le plus rapide autour du monde. D'ailleurs, il vient d'être remis en chantier il y a deux semaines dans la perspective de disputer la Route du Rhum 2010. Je me dis que c'est la bonne période pour qu'un nouveau partenaire embarque à mes côtés afin de se présenter au départ des grands records océaniques comme le Trophée Jules-Verne ». Il y aurait alors comme un air de démesure, d’un côté, Cotonella, 12 mètres de long ; et de l’autre Orange 2, 38 mètres. La photo vaudra sûrement son pesant de cacahouètes !

     

    Thomas Coville : Sodebo bien sûr, mais pas seulement…


    Pour 2010, le programme de Thomas Coville est copieux. Il annonce en effet sur son site internet un total de 67.000 miles à parcourir sur tous les océans du monde, avec pas moins de deux tours du monde et quatre transats. Et si on créait un nouveau record, celui de la plus grande distance parcourue en un an ? Chiche ?
    Ce marathon commencera par ce avec quoi l’année 2009 s’était terminée, c'est-à-dire par un nouveau stand by avec Groupama 3, le trimaran skippé par Franck Cammas et sur lequel Thomas embarquera à nouveau comme barreur, pour une nouvelle tentative sur le Trophée Jules Verne.
    Après le Tour du monde à bord de Groupama, Sodebo sera en stand by du côté de Cadiz, entre le 3 mai et le 25 juin, pour s’attaquer au record de la Route de la Découverte, entre Cadiz en Espagne, et San Salvador. Soit 3.884 milles à parcourir en moins de 9j 20h 32min et 23 secondes, le temps mis par Francis Joyon en novembre 2008.
    Sodebo sera au départ de la Route du Rhum, où il appartiendra bien sûr au trio des favoris (avec Idec et Gitana 11). Après la Route du Rhum et le retour du trimaran en France, Thomas veut repartir autour du monde, à la poursuite de son Graal, le record du Tour du Monde en solitaire, détenu par ce même Joyon. Sodebo devrait être en stand by à partir du 11 décembre.
    « Nous avons entamé en 2009 une large réflexion sur l’évolution du bateau et notamment sur la mise en place de foils, quelque chose qui me titillait depuis la mise à l’eau en juin 2007 », indique Thomas. « En ajoutant des foils, on a déroulé une pelote qui a une incidence sur tout le comportement du bateau, sur son équilibre. Cela ira jusqu’à modifier ma façon de naviguer. Nous devons aussi anticiper sur les réactions des pilotes et repenser le plan de voilure ».

     

    Banque Pop V, partira, partira pas ?


    Déjà un mois et demi, depuis le 12 novembre exactement, que le trimaran blanc et bleu est en attente, sans qu’aucune fenêtre météo ne pointe le bout de son nez. Elle se fait toujours attendre mais toute la cellule d’analyse météo mise en place par Pascal Bidégorry est sur le pont 24h sur 24h pour tenter de détecter la fenêtre tant attendue qui leur permettra de relever le fabuleux défi.
    Depuis le début de l’année, des fenêtres potentielles se sont présentées, mais comme l’explique Pascal Bidégorry, « renoncer est à chaque fois une décision très pénible car nous avons tous très envie de partir. Nous avons eu en effet quelques opportunités depuis début janvier et il est possible qu’il y en ai d’autres dans les jours à venir. Mais il y a une grande complexité dans la prise de décision car un fichier météo s’étudie vraiment en profondeur. Avec les quelques jours de visibilité fiables que l’on a, le reste est basé sur des analyses de probabilité. L’analyse de la bonne fenêtre météo s’avère être très subtile ».
    Vigilance est donc le maître mot du Team Banque Populaire qui observe et analyse tous les différents systèmes et leurs évolutions : « Petit à petit les phénomènes commencent à rentrer dans des systèmes hivernaux et c’est ce que nous attendons. Mais il y a toujours trop peu d’alizés, l’anticyclone des Açores est trop souvent aux abonnés absents. Enfin, les conditions dans l’hémisphère sud commencent à se mettre en place petit à petit. Arrivé dans le sud du Brésil, la situation peut s’avérer très compliquée et parfois décisive pour la réussite de la première partie du Trophée Jules Verne. Il faut être patient, nous avons encore un peu de temps devant nous pour faire du bon travail avec le degré d’exigence nécessaire pour relever un tel défi », conclu Pascal Bidégorry.

     

    Pour la première fois, Alinghi 5 navigue à Valence…


    Quelle épopée pour un bateau de lac ! Sans jamais avoir traversé un océan, sans jamais avoir navigué plus que quelques heures d’affilée, le grand catamaran suisse a pourtant tiré des bords sur le lac Léman, voyagé en hélicoptère au dessus des Alpes, découvert les eaux de la Méditerranée, est monté sur un cargo pour s’en aller goûter le Golfe Persique, avant de reprendre un autre cargo pour s’en venir à Valence, où peut-être il aurait du venir directement si un imbroglio judiciaire ne l’avait contraint à ces voyages abracadabrantesques (…).
    Enfin, ça y est, il navigue à Valence, en Espagne. Il y a quelques jours, Alinghi a accueilli les autorités locales de Valence dans sa base de la Dársena pour assister à la mise à l'eau du catamaran géant. Pendant que les immenses voiles étaient soulevées à bord à l'aide d'une grue, la dernière action en justice (la neuvième de BMW Oracle) a été évoquée. « Nos voiles sont conçues à partir de la technologie suisse et ont été fabriquées à Villeneuve en Suisse. Tous les challengers et les defenders de l'America's Cup depuis 1995 utilisent cette technologie suisse et nous avons passé des années de développement en Suisse pour les concevoir. Si le système judiciaire américain déclare leur utilisation illégale, cela serait comme demander à Roger Federer de défendre son titre sans sa raquette de tennis. BMW Oracle gagnerait l'America's Cup dans les tribunaux car sans nos voiles, nous ne pouvons pas naviguer », a indiqué Ernesto Bertarelli.
    Côté sportif, la SNG a cependant publié une ébauche des Instructions de Course pour le Deed of Gift Match.
    http://www.alinghi.com/multimedia/docs/2010/01/100108_33rd_AC_Sailing_Instructions_draft.pdf
    La Société Nautique de Genève a également publié l'avis de course modifié de la 33ème Coupe de l'America incluant les décisions récentes de la Cour Suprême de New York suite aux discussions avec les représentants du GGYC/BMW Oracle Racing à Sydney le 15 décembre 2009.
    http://www.alinghi.com/multimedia/docs/2010/01/100108_33rd_AC_Amended_NOR_draft.pdf

     

    BMW Oracle contre Alinghi : Et de neuf !


    Alors que Brad Butterworth, skipper d'Alinghi et représentant de la Société Nautique de Genève, était à Singapour, engagé dans des discussions visant à résoudre les derniers problèmes avant le Deed of Gift Match de l'America's Cup, en présence de David Tillett, président du Jury ISAF de l'America's Cup et de David Kellett, représentant ISAF, BMW Oracle a rompu les négociations en déposant sa neuvième action en justice contre la Société Nautique de Genève devant la Cour Suprême de New York pour tenter de disqualifier le Defender du Match à venir.
    « BMW Oracle a déjà réussi à disqualifier 18 équipes grâce au système judiciaire américain pour accéder directement au Match et cherche maintenant à gagner la Coupe sans même régater », a déclaré Brad Butterworth. « Cette dernière action en justice est un véritable choc car nous avions prévu de nous rencontrer de nouveau pour continuer les discussions aujourd'hui. Cela prouve leur totale mauvaise foi. Ils ne sont de toute évidence pas prêts à régater. Ils n'ont tenu aucun compte de la juridiction du Jury ISAF de l'America's Cup, qu'ils ont pourtant tenu à voir se former, et sont retournés devant les tribunaux de New York où ils pensent avoir plus de chances d'obtenir gain de cause », a-t-il ajouté.
    Selon Alinghi, « les propos de BMW Oracle avançant qu'Alinghi utilisera des voiles fabriquées aux États-Unis sont faux. Les voiles qui seront utilisées pour le Match ont été fabriquées dans une voilerie à Villeneuve en Suisse. De plus, le procédé de fabrication de ces voiles est soumis aux droits suisses sur la propriété intellectuelle. Les inventeurs de ce procédé, Jean Pierre Baudet et Luc Dubois sont deux ingénieurs suisses. Tous les challengers et les defenders depuis 1995 ont utilisé des voiles 3DL basées sur la technologie suisse ». Avant de poursuive : « La tentative de BMW Oracle de faire dérailler l'America's Cup et d'ignorer la juridiction de l'ISAF, et son comportement anti-sportif permanent est inacceptable », a ainsi déclaré Fred Meyer, vice-président de la SNG. « Alinghi est prêt à courir le 8 février comme l'a demandé le tribunal le 7 avril 2009. Nous avons gagné le droit de défendre l'America's Cup sur l'eau en remportant la 31e et la 32e édition. Nous voulons aller régater. Nous ne voulons pas que le résultat de l'America's Cup se décide au tribunal », a t'il conclu.
    Un univers impitoyable…

     

     


    6 Janvier 2010

     

    Une bonne année à Tous

     

    Une nouvelle année, c’est toujours important, et ce d’autant plus quand on a dans sa besace un ou des projets, quels qu’ils soient, petits ou grands, et à partir du moment où on y met tout l’énergie nécessaire et la passion pour rendre possible sa réalisation.
    Je vous souhaite donc à tous qui, régulièrement, venez surfer sur ce site, une bonne et heureuse année 2010.
    Merci infiniment à vous tous qui m’envoyez des mails d’encouragement et de soutien, ils me touchent et me motivent chaque jour un peu plus. Et rendent d’autant plus réalisable cet objectif fixé pour 2010 : être au départ de la Route du Rhum à Saint-Malo, le 31 octobre ; faire une belle traversée, rapide, et arriver de l’autre côté, à Pointe à Pitre ; et bien sûr, cerise sur le gâteau, être le premier en Classe Rhum. Mieux encore, en Classe 3 multicoques, qui, comme je l’avais indiqué dans la précédente news, sera créée à partir du moment où cinq multicoques d’une longueur comprise entre 39 et 45 pieds seront inscrits.
    La recherche de financement avance, et même si rien n’est encore signé, il ne faut pas baisser la garde. Alors n’hésitez pas à transmettre cette newsletter.

    Cette année 2009 aura été marquée par la disparition de trois circumnavigateurs, des pionniers, qui m’avaient donné à leur façon l’envie et le désir de toujours tout faire pour aller jusqu’au bout de mes rêves.
    Le plus connu étant bien entendu Jacques-Yves Le Toumelin. J’avais eu la chance de le rencontrer chez lui à Gwenved, à Guérande, face au Croizic, où se trouve le bateau de ses voyages, le Kurun (un bateau qui ne lui appartenait plus) et à bord duquel il avait, dans les années 50, réalisé un tour du monde par les tropiques (‘Kurun autour du monde’), en solitaire, et un voyage aux Antilles (‘Kurun aux Antilles’). Ces ouvrages, traduits un peu partout dans le monde, lui avaient valu une renommée internationale. Ensuite, il s’était construit cette maison de Gwenved, et dans sa propriété il recevait régulièrement des moines Tibétains (il était l’oncle par alliance de Matthieu Ricard, le traducteur du Dalaï Lama). D’ailleurs, des drapeaux à prières ornaient les allées qui menaient à la maison).
    Plus tôt dans l’année, il y eut la mort de Annie Van de Wiele, auteur elle aussi, avec son mari l’architecte Louis Van de Wiele, d’un tour du monde dans les années 50. A une époque où j’écumais les bouquinistes, son ‘Pénélope était du voyage’ m’avait été conseillé à Morlaix, et pendant le Tour du Monde de Orca, il avait été en quelque sorte le fil conducteur de mon voyage. Lors du transit du détroit de Torrès, notamment, nos deux bateaux (Omoo et Orca) ayant des vitesses similaires, je m’étais surpris à mouiller sous le vent des mêmes îles… Pour un reportage (dans Loisirs Nautiques, magazine culte qui aujourd’hui a cessé de paraître) sur la disparition de Peter du Café Sport à Horta aux Açores, j’avais eu le plaisir de m’entretenir avec elle au téléphone.
    Le troisième navigateur, que je n’ai jamais rencontré, le moins connu aussi car il n’a jamais écrit de livre, est Roger Plisson. Plusieurs fois j’ai fait le détour par le centre de Malestroit dans le Morbihan pour aller admirer ce minuscule bateau avec lequel il avait fait lui aussi le tour du monde, dans les années 70. Le François Virginie, depuis au sec au milieu de jardinières, ne mesurait que 7,75 m par 1,75 m de large ! Seule une petite plaque, apposée devant le bateau, signalait le véritable exploit que ce bateau et son skipper avaient réalisé.

    Indirectement, c’est grâce à ces trois marins, pionniers à leur manière, que je vais cette année courir la Route du Rhum.

    Mais il est temps de se pencher vers l’avenir, et cette année 2010 qui pour les multicoques s’annonce riche. Dans quelques jours, au maximum quelques semaines, Groupama 3 et Banque Populaire 5 devraient s’élancer à la conquête du Trophée Jules Verne. A partir du 8 février, à Valence, va se dérouler la Coupe de l’America, entre deux grands multicoques, Alinghi 5, et BOR 90. Enfin, l’épreuve qui nous intéresse le plus, la Route du Rhum.

     

     

     

     

    Groupama 3 : de retour à Lorient, et bientôt en stand-by !

     

    Mardi 29 décembre, Groupama a repris son poste à la base de Lorient, au terme d’un convoyage de 16 jours depuis Cape Town. Dès son arrivée, les techniciens du team se sont attaqués aux travaux de préparation pour lui permettre de repartir, dès que possible, à la conquête du Trophée Jules Verne ; et ce dès qu’une fenêtre météo se présentera. Ce sera la troisième tentative du grand trimaran orange et vert depuis sa mise à l’eau.
    A l’arrivée à Lorient, Fred Le Peutrec savourait son convoyage en qualité de skipper : « ça s'est très bien passé, avec un équipage composé d'excellents marins mais dont la moitié découvrait Groupama 3. Nous avons bien navigué et j'ai beaucoup apprécié ce rôle de skipper qui nécessite de prendre des responsabilités importantes, de prendre des décisions face à une météo qui a parfois été difficile, notamment ces derniers jours ».
    Et Ludovic Aglaor, actuel détenteur du Trophée Jules Verne, et qui retrouvait pour l'occasion ses camarades Jacques Caraës et Ronan Le Goff, de rajouter : « c'est vraiment un super bateau, très agréable à barrer. Il ne s'arrête jamais mais demande beaucoup d'attention ». A ses côtés, Clément Surtel poursuit : « A chaque fois que c'était mon tour de prendre la barre, les dix premières minutes étaient stressantes car je découvrais Groupama 3 qui est très sensible. Les cinquante minutes suivantes, ce n'était que du bonheur. J'avais du mal à céder ma place au suivant. J'ai aussi beaucoup apprécié l'ambiance du bord. C'était top ». Parmi les travaux prévus, le remplacement du gréement dormant : « il a déjà effectué plus d'un demi tour du Monde et ce serait prendre des risques de le garder. Nous allons également renforcer la ligne de quille sur l'arrière des flotteurs, là où les ingénieurs ont identifié un point faible. Le reste du travail porte davantage sur des détails dus à l'usure normale après 16.000 milles de navigation », expliquait Franck Cammas, qui suit avec attention l’évolution de la météo : « pour l'instant, il n'y a pas de fenêtre. Fred (Le Peutrec), Ronan (Le Goff) et Jacco (Caraës) qui ont ramené Groupama 3 vont donc pouvoir se reposer avant de repartir autour du monde avec le même équipage que lors de notre dernière tentative ».
    Ce nouveau contre temps démontre une fois de plus que faire le Tour du Monde, en course, et qui plus est à bord d’un grand multicoque, n’a rien de gagné d’avance. La plupart des détenteurs successifs ont du s’y prendre à plusieurs fois avant de enfin décrocher le Graal.

    L'équipage de Groupama 3 pour ce voyage était composé de : Fred Le Peutrec, Ronan Le Goff, Jacques Caraës, Eric Lamy, François Salabert, Clément Surtel, Ludovic Aglaor, Thierry Duprey du Vorsent, Mayeul Rifflet, Nick Legatt.

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    Coupe de l’América : ça continue… (Photo © George Johns ; Guido Trombetta/Alinghi)

    Le 15 décembre dernier, la Chambre d'Appel de la Cour suprême de New-York a confirmé la décision de la Juge Kornreich du 30 octobre 2009 qui disqualifiait le choix du Defender de l'America's Cup, la Société Nautique de Genève, sur Ras al-Khaïma aux Emirats Arabes Unis comme lieu de la 33e America's Cup. Les quatre juges ont également confirmé la décision de la Juge Korneich d'exclure les safrans des mesures de la longueur de flottaison du bateau.
    « Une fois de plus, la stratégie de BMW Oracle visant à gagner l'America's Cup par le biais des tribunaux plutôt que sur l'eau est réussie. Pour la première fois dans l'histoire de l'America's Cup, le Defender se voit privé de son droit fondamental de choisir le lieu de l'événement. La Société Nautique de Genève accepte cette décision et Alinghi a hâte de courir sur le plan de Valencia en Espagne en février 2010 » a déclaré Fred Meyer, Vice-président de la SNG. La suite au prochain numéro…
    Juste avant Noël, le grand catamaran a donc été de nouveau chargé à bord d’un cargo, direction Valence en Espagne. Selon Murray Jones, qui a dirigé le programme de navigation, « la météo a été formidable et nous a permis de naviguer quasiment tous les jours. Nous avons fait tout ce que nous avions prévu. Évidemment, comme toujours, ce serait bien d'avoir un peu plus de temps, mais nous sommes plutôt contents de ce que nous avons fait. Il nous reste encore pas mal de choses dans les semaines à venir quand nous serons à Valencia, mais toutes les grandes décisions ont déjà été prises ». Une chose est sûre, les conditions météo ne seront certainement pas les mêmes en Espagne en hiver, « même au cours d'une manche, il peut y avoir de grosses variations en force et en direction. L'hiver à Valencia est assez difficile. Il va falloir s'adapter et être capable de changer de rythme en utilisant les bonnes voiles pour le bon angle et la bonne force de vent. Nous pousserons également le bateau un peu plus loin que nous l'avons fait jusqu'à maintenant. L'autre équipe aussi. Le fait de connaître nos limites face à l'adversaire pourrait d'ailleurs être un facteur déterminant dans le résultat final ».
    Finalement, le bateau était à l’eau en Espagne dès les premiers jours de la nouvelle année. Toute l’équipe devait s’installer dans sa base de la Dársena (le port intérieur de Valencia) pour entamer les derniers préparatifs en vue du Deed of Gift Match qui débutera le 8 février prochain.
    Le catamaran de l'équipe Alinghi 5, les mâts et les 20 conteneurs de matériel ont atteint leur destination finale à bord du porte-conteneurs Cassandra B lundi 4 janvier après un périple de 14 jours au départ de Ras Al Khaïma aux Emirats Arabes Unis où était basée l'équipe.
    «Nous espérons que les habitants de Valencia seront heureux d'assister à l'arrivée de notre catamaran dans la Dársena et de suivre les préparatifs. D'après ce que nous savons, le challenger américain est lui aussi arrivé à Valencia. Comme ces nouveaux bateaux sont beaucoup plus rapides et que les épreuves se disputeront au large, loin de la côte, il sera difficile pour les fans, les sponsors et les journalistes de venir les voir sur l'eau, c'est pourquoi je pense que la Dársena constituera une arène importante pour cet événement", a déclaré Grant Simmer, coordinateur du design team d'Alinghi.
    Les premières navigations doivent débuter mi janvier pour le defender.

     

     

     

    Le Rhum en ligne de mire : un gros chantier pour Sodeb‘o.

     Mis au sec dans son hangar à Saint-Philibert, en Bretagne sud, le chantier du grand trimaran de Thomas Coville doit se poursuivre tout le mois par un ponçage intégral de la plate-forme, incluant peinture et enduit, avant d’être ensuite entièrement repeint pour sa mise à l’eau en avril prochain. Pendant ce temps, les membres de l’équipe technique démontent ce qui peut l’être. Des winches au moteur, l’ensemble de l’équipement va être révisé, changé, allégé, optimisé. Bien sûr, comme sur tous les bateaux de course, ce chantier d’hiver vise à gagner du poids, et ce d’autant plus quand l’objectif n’est plus un tour du monde, mais la Route du Rhum – La Banque Postale. Surtout, Sodeb’o va recevoir des foils, à l’instar des défunts 60 pieds Orma. « Ce qui freine un bateau, c’est tout ce qui est dans l’eau, coques, appendices », indique Benoît Cabaret, co-designer du bateau avec Nigel Irens. « L’objectif est de réduire au maximum cette trainée pour pouvoir accélérer. Un foil ressemble à une aile d’avion qui passe à travers chaque flotteur et que l’on immerge à la demande, selon l’allure et les conditions de vent et de mer. Avec la vitesse, le foil soulage le flotteur qui s’élève hors de l’eau. Le poids du bateau repose ainsi sur la petite partie du foil restant immergée et la trainée est ainsi réduite à son strict minimum. » Martin Fisher (géophysicien, statisticien et spécialiste de la dynamique des fluides) dessine la géométrie des foils en prenant en compte les contraintes structurelles données par John Lewel (calculateur de structure). Benoît Cabaret assure les mises en plan et la coordination de la démarche architecturale pour Thomas et son équipe. Bernard Pointet conçoit le système de réglage des foils. Nicolas Groleau et son équipe construisent et grefferont les puits (pièces qui accueilleront les foils dans les flotteurs). Et enfin, les foils sont actuellement en construction à Brest chez Florian Madec Composite.
    Source : www.sodebo-voile.com

     

     

    Gitana 11 : chantier d’hiver pour l’un des favoris, et détenteur du titre

     

    Mis au sec depuis maintenant près d’un mois et demi, celui qui fait déjà figure de favori en classe Ultime est en chantier pour permettre à l’équipe technique d’y apporter quelques améliorations. Elles vont porter notamment sur les appendices. Yann Guichard précise que «l’un des gros dossiers de ce chantier consistera à avancer les puits de foils et ce afin de gagner dans l’équilibre général de la plateforme. De la même façon, de nouveaux safrans de flotteurs vont être fabriqués car nous souhaitons augmenter leur surface et ainsi accroître le contrôle du bateau à la barre. Enfin, un arbre d’hélice rétractable va être mis en place pour diminuer la trainée hydrodynamique». Pour ce qui est des voiles, elles sont en fabrication chez Incidences La Rochelle, celles qui ont servi pour les essais de septembre et octobre étaient celles de l’ancienne version de Gitana 11. Un gros travail était également prévu sur les systèmes embarqués, et notamment les pilotes automatiques et les moyens de tournage vidéo.
    Quant à Gitana 13, il a regagné lui aussi son port en fin d’année, après deux mois de navigation, plus particulièrement consacrés à l’accueil de collaborateurs et de clients à bord. A noter que cette campagne aura permis à l’équipage de Gitana 13 d’établir un tout nouveau temps de référence entre Gibraltar et Tel-Aviv, l’une des escales de leur voyage : 7 jours 42 minutes 57 secondes.

    Gitana 11 version 60 pieds

    Gitana 13

     

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