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Décembre / novembre / octobre / septembre 2009


25 juin 2010

 

Bonjour à tous,

 

Difficile de ne pas évoquer dans ces lignes la disparition de deux marins, l’un, connu, l’autre, moins.

Le premier, c’est bien sûr Michel Malinowsky. En 1978, il avait terminé second de la première édition de la Route du Rhum, juste derrière Mike Birch, à seulement 98 secondes de celui-ci. Malino et son grand monocoque de 22 mètres, terrassé sur la ligne par un petit multicoque de 11 mètres. La légende de la Route du Rhum était née, elle n’allait plus jamais s’arrêter. Michel Malinowsky s’est éteint dimanche dernier à l’âge de 69 ans, terrassé par un cancer. Il donnera ce titre à son livre : ‘Seule la victoire est jolie’.
L’autre marin, c’était Frédéric Martin, dit Fred Martin, emporté trop jeune lui aussi par un cancer. Il ya quelques années, il avait navigué autour du monde à bord d’un catamaran de croisière rapide, un Freydis 46. Sa disparition me touche.

 

Le temps passe, trop vite.
Dans quelques jours nous serons déjà en juillet, pourtant, je ne désespère pas d’être présent à Saint-Malo fin octobre. Bien sûr je n’ai toujours pas de budget. Le trimaran ‘Johnny be Good’ à bord duquel je suis allé navigué, aux Antilles le mois dernier, n’est plus d’actualité : en effet, le timing pour le ramener en Europe était plus que serré, et il ne me paraissait pas sérieux de traverser l’océan Atlantique alors que les cyclones commencent à pointer le bout de leur nez.
Entre temps, j’ai été contacté par le propriétaire de Fildou, un trimaran à foils dessiné par Marc Lombard et que Pierre-Yves Guennec avait mené sur le Rhum 2002, sans encombres jusqu’à Pointe à Pitre, alors que la majorité des 60 pieds Orma avait abandonné, seuls trois d’entre eux avaient rallié la Guadeloupe, et un seul  sans s’arrêter !
J’ai donc effetué un convoyage entre Canet en Roussillon (où s’était tenu le rassemblement des Golden Oldies, l’association animée par Philippe Echelle et qui fait revivre les vieilles gloires de la course au large).
Fildou va bien. Au début, ceux qui sont habitués aux flotteurs longs peuvent être surpris par les flotteurs très courts : la démarche est logique, dès que la vitesse augmente, Fildou monte sur ses foils, le flotteur soulage, les risques de plantage disparaissent. A ce petit jeu, Emmanuel Pironneau l’a ‘poussé’ à 27 nœuds.
Comme je le signalais dans le dernier post, une solution d’assurance est peut-être en train d’être trouvée, auquel cas il serait possible de louer un bateau. Et ce bateau, ce serait Fildou. Il n’est pas loin (même s’il faut le ramener depuis la Méditerranée), surtout, il est presque prêt à courir. Même si sa grand-voile n’est pas totalement neuve, elle est encore propre. Sinon, l’intégralité de la garde-robe est quasi neuve : qu’il s’agisse du génois, du code 0, du spinnaker, ou du gennaker.
Un financement est peut-être en train de se déclencher, grâce à l’assurance et la location, j’ai réussi à réduire le budget de façon drastique. Exit le salaire, je me fais prêter du matériel, je le loue, etc.

 

Ainsi, avec 85.000 € TTC, je cours la Route du Rhum.

 

En trimaran de 40 pieds, avec une monture suffisamment rapide pour espérer gagner, arriver devant les trois multicoques pour l’instant inscrits au Rhum : les deux A’Capella de Charlie Capelle et de Jean-Paul Froc (dessinés par Walter Greene), et Up my Sleeves (architecte : Dick Newick) de Etienne Giroire. Voici donc les dernières nouvelles.

En attendant, voici quelques infos sur les multicoques de course.





 

 

 

La Route du Rhum – La Banque Postale : 49 bateaux inscrits, 33 pré inscrits, et moi, émoi, hey ! Moi !

 

Commençons par la classe qui sera la plus médiatique et qui risque d’écraser les autres (plus) petits bateaux, les petits poucets que nous sommes. A ce jour, six bateaux sont fermement inscrits. Les prétendants à la victoire finale ne manquent pas ; parmi les favoris, on compte bien sûr Yann Guichard et son Gitana 11, le bateau tenant du titre, qui a été rallongé à 75 pieds. Les deux aficionados du tour du monde, Francis Joyon et Thomas Coville, ont eux aussi modifié leur monture pour l’occasion, non pas en les rallongeant (ils sont déjà grands !), mais en leur rajoutant des foils, ce qui leur permet en théorie (mais aussi en pratique…) d’atteindre de plus hautes vitesses, tout en limitant les risques de plantage, et donc avec plus de sécurité. Francis a également augmenté la surface de sa grand-voile de près de 30 m², avec une corne gigantesque.
Il faut se souvenir que Thomas Coville sur son Sodeb’o, à défaut d’être le plus rapide sur le Tour du Monde (même s’iln’en n’est pas loin), détient deux records, et pas des moindres : le maxi trimaran de 105 pieds détient en effet le record de la plus grande distance parcourue en 24h en solitaire (depuis début 2008) et le record de l'Atlantique Nord pendant l'été de la même année. Il faudra également compter sur Majan (voir article), sister-ship de Sodeb’o, dont les éléments ont été construits dans le même chantier Australien (Boat Speed), mais qui a été assemblé à Oman. Seul argument en sa défaveur, Sidney Gavignet n’a peut-être pas l’expérience de Thomas sur ce genre de bateau. Groupama 3 (voir article), tout auréolé de son récent Trophée Jules Verne, dont il est depuis cet hiver le nouveau détenteur, a reçu un nouveau mât, plus petit, et les voiles ad’ hoc. Nul doute qu’il faudra compter sur Franck Cammas pour faire marcher son bateau et le faire arriver dans la mesure du possible le premier. Ces cinq là peuvent prétendre à la victoire. Sans oublier Philippe Monnet, parfait outsider, sur l’ancien bateau de Ellen Mac Arthur. Pour les deux autres bateaux inscrits, plus petits, et aussi plus anciens, il sera difficile d’aller plus vite. Il s’agit de Gilles Lamiré, sur trimaran Defi Cancale, et Servane Escoffier, sur son catamaran rebaptisé ‘Saint-Malo 2015’, un bateau qui n’est autre que celui sur lequel espérait courir Julien Mabit. Faute de sponsor, il a du jeter l’éponge, pour cette année du moins. L’incertitude perdure quant à une éventuelle participation de Côtes d’Or.

Du côté des Multi50, on compte déjà six skippers inscrits. Parmi lesquels un nouveau venu, il s’agit de Gilles Buekenhout, qui s’aligne sur Nookta (voir article), un plan Irens qui par ailleurs possède deux sister-ships : CLM, le tri de Hervé Cléris, et Brannec 4 (tous deux sont à vendre ; avis aux amateurs !). Même s’il n’est pas encore officiellement inscrit, nul doute que Yves le Blévec, récent vainqueur de la Vendée Saint Petersburg (voir article), aura à cœur de détrôner la ‘Sainte’ Crêpe. Lionel Lemonchois fait bien entendu partie des inscrits, même si cet autre plan Irens, en manque de compétition, représente l’une des inconnues de la classe. On retrouve sinon Eric Nigon, sur Axa Atout Cœur pour Aides (l’ancien bateau de Victorien Erussard), Franck-Yves Escoffier bien sûr, mais aussi Erwan Leroux sur fenêtré A – Cardinal, un trimaran qui n’est autre que l’ancien bateau de Eric Bruneel.
Pour l’instant, l’inconnue perdure pour ce qui est de la participation des acteurs du circuit, que sont Pascal Quintin ou Anne Caseneuve (voir articles), ou encore Hervé de Carlan. Anne Caseneuve a en effet démâté au début du mois de juin lors de la deuxième étape (retour), de la Vendée Saint Petersburg ; reste à espérer qu’elle réussisse à trouver un budget pour d’une part un nouveau mât, et d’autre part pour lui permettre d’être au départ du Rhum.

Les petits multicoques de la Classe Rhum, ceux avant qui j’espère bien arriver (mais encore faut-il que je puisse participer !), ne sont à l’heure actuelle que deux à être inscrits. Il s’agit de Charlie Capelle, et Jean-Paul Froc, tous deux sur des A’Capella, des bateaux sister ships du premier vainqueur, en 1978, de la Route du Rhum. Il s’agit bien sûr de Mike Birch. Etienne Giroire m’a confirmé qu’il comptait bien participer. Pierre Antoine est toujours dans l’expectative, quant à Reiner Gelder, son bateau est toujours au Venezuela.




 

 

 

 

 

Multi50. Anne Caseneuve : le regard vers Saint Malo

 

A la suite de son démâtage dans la course Vendée - Saint Petersburg 2010, Anne donne sur son site un avis sur la Multi50 telle qu’elle se présente actuellement.

Selon Anne, « lors de cette course Vendée - Saint Petersburg 2010, il y a eu deux catégories, les 3 nouveaux bateaux et les 6 bateaux classiques (en fait de 2ème génération) ». Anne s’avoue « très satisfaite du trimaran », car à l’aller comme au retour, elle et son équipage ont été leader de la classe ‘classique’. Anne met désormais ses espoirs dans ce nouveau mât carbone rotatif qu’elle espère pouvoir gréer dans l’optique de la Route du Rhum. Avant de revenir sur Saint Petersburg : « nous avons adoré cette ville, quand on arrive de mer dans une ville aussi grande, le contraste est d'autant plus fort ! La langue, la culture tout nous a transporté presque dans un autre monde. Nous avons pu visiter l'Ermitage de façon extraordinaire, avec un ami Russe photographe. Qui ne rêve pas de connaitre les coins et recoins d'un lieu magique, les salles d'expositions sont à elles seules un lieu d'enchantement, les marbres croisés de noir et rose ou de malachite nous ont éblouis ».

 

 

 

 

 

 

Multi50. Pascal Quintin : un bateau, mais pas de budget


Pascal Quintin est un passionné, mais la passion ne suffit pas toujours pour nourrir son homme, et surtout armer son bateau. Faute de budget, son trimaran risque bien de rester à terre cette année.

En effet, faute de budget, Pascal a décidé pour cette année de ne pas remettre son bateau à l’eau : un tel ‘gros’ bateau coûte de l’argent lorsqu’il navigue, qu’il s’agisse des frais de grutage, de port, les douanes, ou encore l’assurance. On se souvient tous du fantastique sauvetage de ce trimaran construit de ses mains par Pascal, suite à son chavirage dans la Route du Rhum 2006. Le bateau avait dérivé plusieurs mois avant qu’il ne soit récupéré au large des Açores. Grâce à sa détermination, le bateau avait pu être remorqué jusqu’à Horta, retourné avec la complicité du capitaine d’un cargo et surtout de ses mâts de charge, avant de revenir sous gréement de fortune jusqu’à Saint-Brieuc. Depuis, il a disputé notamment la Québec Saint-Malo.

 

 



 

 

 

Multi 50. Le bateau de Jean-François Lilti a été mis à l’eau

 

Citoyens du Monde, le Avocet 50 de Jean-François Lilti, sera l’un des rares catamarans de la course, avec le Délirium de Hervé de Carlan. Une course dans la course…
Jean-François Lilti a au cours des années passées participé à plusieurs étapes du circuit des Multi50. Mais jamais encore à la Route du Rhum. Cette participation sous les couleurs de ‘Citoyens du Monde’ sera celle d’une rencontre entre un marin passionné, un technicien affûté et un partenaire engagé. Ce qui a permis à l’équipe de l’Avocet 50 de se lancer, au profit de l’Association Citoyen du Monde, dans le projet ambitieux de participer au Rhum. Quand Didier Marchand, Secrétaire Général de Citoyens du Monde, rencontre Jean-François Lilti, leur association est évidente. « L’idée de faire un bout de chemin avec Citoyens du Monde était plutôt naturelle et dans la logique de notre démarche de navigateurs sensibles aux problèmes de pollution de l’eau », souligne Xavier Gosselin, responsable technique du projet et co-skipper. Au-delà de l’exploit sportif, Jean-François décide de courir pour une cause en défendant une Charte des Océans et en réclamant une Autorité Mondiale des Océans… Construit et mis à l’eau sur la plage d’Omaha Beach, près de Caen en Normandie, ce catamaran original a été dessiné par Mathieu Feron et construit par Grand Largue Composites.

 

 

 

Multi50. Nookta : le retour en course d’un bateau de légende

 

Nookta sera l’un des bateaux les plus ‘historiques’ de cette neuvième Route du Rhum – La Banque Postale. Dessiné par Nigel Irens en 1990, il est le fruit de la collaboration entre Claude Develay (alors patron de Fuji) et Mike Birch.
Ses 2 sister-ships sont toujours dans la course : CLM d'Hervé Cléris, et Brannec IV de Roger Langevin (anciennement Dupon-Duran). Le nom de Nookta fut donné par Mike Birch, il s’agit d’une tribu indienne du Canada, qui signifie ‘partager’. Rebaptisé ‘Eléphant Bleu’, du nom de son sponsor, Mike Birch le mena à la onzième place de la Route du Rhum en 1998, en 19 jours. Auparavant, il avait également couru les Routes du Rhum 1994 et 1998. Gilles Buekenhout l’a acquis en 2008. Amateur passionné, il lui a redonné une nouvelle jeunesse. Encore performant et plus solide que jamais, il a été réaménagé, repeint complètement et ré équipé (techniques, sécurité, voiles...). Puis cet architecte de métier s’est lancé dans ce projet un peu fou : courir la Route du Rhum, sans sponsor, juste pour lui faire revivre cette grande aventure. Ce sera pour le bateau une quatrième participation. L’objectif de Gilles est de se faire une place honorable au milieu de la horde de plus en plus professionnelle des jeunes trimarans 50' et autres voiliers très performants.
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Classe Ultime. Servane Escoffier : le Rhum en catamaran géant !

Servane Escoffier, fille de Bob (Escoffier), nièce de Franck-Yves (Escoffier), cousine de Kevin (Escoffier) et de Loïc (Escoffier), sera donc de nouveau présente sur la ligne de départ de la Route du Rhum – La Banque Postale, et cette fois-ci à bord d’un multicoque.
Ce bateau, c’est Etoile Exporer, l’ancien bateau de Bruno Peyron, à bord duquel Julien Mabit aurait bien aimé courir, mais il a du jeter l’éponge, faute de budget suffisant. ‘Saint-Malo 2015’ fut à son époque un précurseur, un géant avant l’heure. Quatre années durant (de 1987 à 1990), il a été classé premier du circuit international des multicoques océaniques. Surtout, il a été à deux reprises le détenteur du record de l'Atlantique en solitaire (en 1987 et en 1990) aux mains de Bruno Peyron. Servane est lucide et son objectif reste de ‘naviguer propre’. Chose qu'elle sait fort bien faire. Sur le papier, le défi est de taille. Servane Escoffier : 52 kilos, 1,64 mètre sera le capitaine d'un bateau de 22,50 mètres, soit 10 tonnes de carbone surmonté d'un mat de 28 mètres qui pourra porter jusqu'à près de 500 m2 de toile… Elle sait cependant dompter les gros bateaux, elle a couru le Rhum 2006 en monocoque de 50 pieds, elle a aussi couru la Barcelona World Race en double en 2007. ‘Résolue et vaillante’, Servane est parvenue à fédérer un ensemble de partenaires autour de ce projet. A commencer par la Ville de Saint-Malo et Saint-Malo Agglomération, rejoints par des entreprises du Pays malouin comme la SACIB, les Thermes de Saint-Malo, ou encore les entreprises de Pays de Saint-Malo Entreprendre. La marque de chaussures Kickers sera aussi de l'aventure. Le budget n'est pas encore totalement bouclé. Pourquoi Saint-Malo 2015 ? C’est encore une histoire de vitesse, et le projet est né le jour du printemps de cette année lors d'une réunion de présentation de la course à Saint-Malo, le nom du bateau est venu tout naturellement : en 2015 la Cité des Corsaires sera à 2 heures 15 en TGV de Paris, ce qui en fera l'une des villes de bord de mer les plus proches de la Capitale.

 

 

 

Classe Ultime. Francis Joyon sur la Route du Rhum : pour gagner, évidemment !


C’est désormais officiel (mais qui en doutait ?) : Francis Joyon participera bien à la Route du Rhum –La Banque Postale 2010. Après plus de quatre mois de travaux réalisés au chantier Marsaudon à Lorient, le bateau rouge de Francis a été remis à l’eau.

Le marin le plus rapide autour de la planète en solo (57 jours), va donc retrouver le sel de la course en flotte et ainsi pouvoir se mesurer aux autres skippers de grands multicoques que sont Franck Cammas, Thomas Coville, Sidney Gavignet, etc. « Je n’ai jamais perdu le goût de la course », indiquait lors Francis, « même si ça me fait un peu drôle de revenir à tous ces règlements du milieu, après des années d’absolue liberté dans la quête des records. C’est un beau challenge ». Avant de continuer : « j’ai très envie de gagner, oui !, le bateau en a le potentiel. »
Idec a donc subi un certain nombre de transformations, la plus spectaculaire étant l’installation de foils sous les flotteurs. Francis explique que « globalement, le bateau ‘monte’ sur ces appendices, ce qui réduit le frottement et dans certaines conditions, le gain de vitesse est très important : 4 à 5 nœuds ». La poutre carbone qui forme l'âme du foil est faite par Lorima, et le foil lui-même est construit par le chantier AMCO de Thierry Fagnent – lui aussi à la Trinité-sur-Mer – ces foils sont l’arme nécessaire pour gagner en performance sur une course transatlantique… d’autant que la concurrence (Thomas Coville compris) ne s’est pas privée d’utiliser cette possibilité, héritée des trimarans Orma de 60 pieds. Mais ce n’est pas la seule modification apportée à IDEC. Côté voiles par exemple, Francis disposera cette fois d’un jeu flambant neuf et surtout… d’ « une grand voile agrandie de 30 mètres carrés, avec une corne de 5 mètres », précise le skipper d’IDEC. Et si le mât reste le même, de nombreuses pièces périphériques ont été changées sur cet espar : « nous avons par exemple changé toutes les cadènes, nous avons même dû les scier tant elles avaient travaillé sur le tour du monde … Nous avons réussi à gagner du poids dans les hauts, par exemple en changeant la matière des boutes, ce qui permet d’utiliser des sections plus fines, donc plus légères », explique Francis.
Le système anti-chavirage a été très largement optimisé lui aussi, toutes les voiles étant largables (écoute, chariot, etc.). « Un hook de ris et un emmagasineur d’ORC me permettront également des manœuvres plus rapides » ajoute Francis Joyon. Et puis, c’est presque une obligation dans cette chevauchée solitaire à travers l’Atlantique, un travail très important a été fait sur le système de pilote automatique « avec des capteurs reliés à une boîte noire qui donne les informations sur le bateau » et permet ainsi au pilote d’être plus efficace… Un tel système a largement prouvé son efficacité sur des bateaux comme le maxi trimaran Groupama de Franck Cammas ou le monocoque Safran de Marc Guillemot. En résumé « on a beaucoup travaillé sur la performance, alors que la fiabilité était le maître-mot logique autour du monde. En deux mots, nous avons adapté le bateau à son programme ». Vingt ans après avoir dû scier les étraves de son multicoque trois jours avant le départ, Francis Joyon ne sera heureusement pas contraint à une telle extrémité l’hiver prochain ! Il en éclate de rire : « la roue tourne ! En 1990, j’avais été pris en otage dans la limitation des bateaux et voilà qu’aujourd’hui les maxis sont de nouveau autorisés… c’est une belle occasion d’en faire l’objectif principal de ma saison 2010 ».






 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Classe Ultime. Francis Joyon s’adjuge le Tour de l’île de Wight


A bord du maxi trimaran IDEC, l’équipage de Francis Joyon a remporté samedi 19 juin l’édition 2010 du Tour de l’île de Wight, en 4 heures et 24 minutes.

Le vent de nord modéré - 7 à 15 nœuds - n’a donc pas permis à Francis Joyon de battre son record de l’épreuve, établi en 2001 (3 heures et 8 minutes). Mais le maxi-trimaran IDEC s’est néanmoins imposé devant les… 1753 autres bateaux qui participaient cet année à la grande classique anglaise dans un chrono plus qu’honorable : 4 heures et 24 minutes.
Partis prudemment avec une minute de retard volontaire sur la ligne pour éviter toute collision dans cette impressionnante forêt de voiliers, IDEC a ensuite allongé la foulée au fur et à mesure que le vent faible du départ se renforçait. L’équipage de Francis Joyon a réussi à doubler les Extreme 40 (qui l’avaient battu l’an dernier dans le tout petit temps) au niveau de la pointe Sainte Catherine – soit au sud de l’île de Wight, à mi-parcours - et a coupé la ligne d’arrivée à Cowes à 9h34’05 ce samedi matin heure anglaise (10h34 en France).
« Nous avons régulièrement dépassé les 30 nœuds, notamment grâce aux nouveaux foils, mais le vent était un peu trop faible et le courant trop défavorable pour améliorer notre record » a commenté Francis Joyon. « Si le départ avait été donné une heure plus tard, cela aurait peut-être été jouable » a-t-il ajouté.
Sur huit participations, c’est la cinquième fois que Francis Joyon remporte le Tour de l’île de Wight. Le maxi-trimaran IDEC a devancé ce matin les Extreme 40 et ICAP, le célèbre maxi monocoque.
L’équipage d’IDEC vainqueur de cette Round Island Race 2010 : Francis Joyon, Christophe Houdet, Rodney Pattison, Bertrand Cudenec et Roger Gianovelli.




 

 

 

 

Classe Ultime. Groupama 3 a été remis à l’eau

 

Ca y est, il flotte ! Quelques mois seulement après son tour du monde victorieux, Groupama 3 a été remis à l’eau, avec un plus petit mât, et un plan de pont épuré. Visite guidée.
Sur le pont, dirigeant la manœuvre avec calme et assurance, le boat captain de Groupama 3 peut avoir le sourire : « c'est vraiment un bon moment. Depuis deux mois, nous travaillons pour cet instant. Les contrôles effectués sur la structure n'ont révélé aucune faiblesse. Mise à part quelques retouches de peinture, nous ne sommes intervenus que sur le plan de pont et à l'intérieur afin d'adapter Groupama 3 à la navigation en solitaire. Les cadènes de solent et de trinquette ont été déplacées afin de s'adapter au nouveau mât, plus court. Et à l'intérieur, nous avons vidé tout ce qui était prévu pour la navigation en équipage. Il ne reste plus grand-chose » conclut Eric Lamy. Une rapide visite de Groupama 3 confirme les dires du boat captain : sur le pont, les meubles qui recevaient les winches ont disparu. Le plan de pont a également été modifié de manière à ce que l'ensemble des manœuvres de voiles et appendices soit à portée de chacun des postes de barre. Même la descente en carbone a disparu. L'accès à bord ressemble davantage à une trappe et, pour atteindre l'intérieur, il ne faut pas louper l'unique barreau qui permet de poser un pied, avant que le second ne se pose sur ce qui fera office de couchette et siège de table à cartes. Visiblement, ce n'est pas parce que Groupama 3 sera mené en solitaire que la chasse au poids a été fermée. Comparé à Groupama 2 et à ses six tonnes, son grand frère peut paraître lourd en en pesant près de trois fois plus. Mais, là encore, Franck Cammas est rationnel : un kilo, c'est toujours un kilo, surtout quand il s'agira de manœuvrer seul un trimaran à l'origine conçu pour dix...

 

 

 

 

Classe Ultime. Oman Sail sur le Rhum

 

Sidney Gavignet : une course contre la montre pour être au départ de la Route du Rhum.
Vendredi 18 juin, le maxi trimaran de 32 mètres aux couleurs du Sultanat d’Oman et d’Oman Sail a largué les amarres de son port d’attache, Mascate, pour un long convoyage en trois étapes vers la France. Vers Lorient plus précisément, où Sidney et son team vont jeter l’ancre pour les 3 mois précédents le départ du Rhum, prévu le 31 octobre prochain de Saint Malo. Sidney Gavignet est entré vendredi dernier dans le véritable compte à rebours de sa Route du Rhum – La Banque Postale 2010. En effet, vendredi, le maxi trimaran de 32 mètres aux couleurs du Sultanat d’Oman et d’Oman Sail a largué les amarres de son port d’attache, Mascate, pour un long convoyage en trois étapes vers la France. Vers Lorient plus précisément, où Sidney et son team vont jeter l’ancre pour les 3 mois précédents le départ du Rhum, prévu le 31 octobre prochain de Saint Malo. La première partie du convoyage va être effectuée par un équipage de six marins, via le Canal de Suez et donc la Corne d’Afrique, espérons pour eux que tout se passera pour le mieux. Cet équipage, dont le skipper est Paul Standbrige, comprend également trois Omanais de l’école de course d’Oman Sail, un second anglo-saxon et le Français Loïk Gallon, qui est également le skipper remplaçant de Sidney pour le Rhum 2010. Loïk est impliqué depuis 2008 dans le programme Oman Sail, en temps que skipper du premier trimaran de l’écurie moyen-orientale, Musandam, récemment revendu à Philippe Monnet. Le convoyage sera ponctué de deux arrêts, l’un à Malte pour embarquer Sidney Gavignet, puis Cadix, où tous les hommes d’équipage vont débarquer pour laisse Sidney faire sa qualification au Rhum, sur le trajet Cadix-Lorient.

 

 

 

 

 

Multi50. Vendée Saint-Pétersbourg : Actual, enfin !

 

Le renouveau de la classe, qui avait pris un peu de retard l’an dernier suite au chavirage de Actual (au départ de la Jacques Vabre), puis à l’accident de Prince de Bretagne (bris des bras de liaison), est désormais sur les rails : en effet, pour la première fois depuis bien longtemps (hormis les Trophées), Crêpes Whaou ! (en l’occurrence, le troisième du nom) n’est pas grimpé sur la première marche du podium. Retour sur une course qui remet du piment dans les multicoques !

L’arrivée de la première étape s’est donc jouée à quelques instants, et c’est Franck-Yves Escoffier qui l’a emporté, avec quelques dizaines de secondes d’avance sur le Actual de Yves Le Blévec (78 secondes exactement). L’escale, qui aura duré une semaine, aura été l’occasion pour les skippers de dégrossir le russe, apprendre à négocier avec les taxis, faire connaissance avec les principales artères d’une ville grouillante. Chacun se souviendra de ce mouillage fantastique, imaginez : les trimarans de la Multi 50 mouillés au pied du musée de l’Ermitage !
« Le pari était ambitieux », souligne l’organisateur de la course : « on n’entre pas au cœur de la ville des Tsars comme dans un moulin. C’est au beau milieu d’une nuit courte qu’ils ont finalement remonté la Neva, franchi les deux ponts illuminés et sont venus amarrer leurs étraves entre les lumières de la Forteresse Pierre et Paul et celles du Musée de l’Ermitage, au son tonitruant des boites de nuit qui bordent le fleuve et imposent leurs décibels trois heures par nuit. Combien de navigateurs ont-ils vécu un tel moment d’émotion »… ? C’est sûr, cet instant magique justifiait à lui seul d’avoir traversé trois mers pour monter jusqu’au 59ème Nord. A bord de Actual, l'équipe technique n'a pas eu à envisager un gros chantier, confortés par le travail de fond effectué durant l'hiver. Yves le Blevec et son équipe ont profité de cette semaine d'escale pour préparer et vérifier leur Multi50 Actual en vue de la 2ème étape tout en prenant le temps de découvrir la ‘Venise du Nord’ : « Le bateau a été bien checké. Nous avons passé 2 nuits blanches pour positionner les bateaux devant l'Hermitage au mouillage. Durant la semaine nous avons eu le temps de vérifier le bateau et de bricoler, des bouts et une pièce de gréement dormant à changer. Nous avons aussi pris le temps de visiter cette ville historique magnifique et de recevoir à bord le consul de France ».

 

Une seconde édition en 2014
Le président du Conseil Général de Vendée en a profité pour annoncer qu’il y aurait bien une seconde édition de cette course. En attendant, le départ de la deuxième étape a été donné dans un vent soutenu : « la première partie devrait être assez rapide jusqu'au sud de la Suède. Les 36 premières heures devraient se faire dans un vent portant assez soutenu », indiquait alors Yves le Blévec, « ensuite, un grand anticyclone se profile mais les modèles météo ne sont pas encore très stables. » Comme prévu, Jean-Baptiste le Vaillant (qui a navigué avec Yves à bord notamment de Orange 2) a remplacé Eric Loizeau, pour cette ultime étape retour vers Saint Gilles Croix de Vie. « J'ai déjà couru cette année le Grand Prix de Douarnenez sur Actual. Cette étape de la Vendée - Saint Petersburg sera ma première course au large sur un multicoque depuis 2008 où j'avais couru le record SNSM sur l'Orma 60 Groupama. Cette région des mers du nord de l'Europe, je la connais bien. J'y suis venu avec Fujicolor et avec Fleury Michon à Helsinki sur la Course de l'Europe en 1993 ». L’équipage de Crêpes Whaou ! 2 a quant à lui pris un départ sur les chapeaux de roues, à plus de 20 nœuds : « la nourriture russe, c’est vraiment pas bon ! Je peux vous dire qu’on ne va pas trainer en route ! », déclarait alors Loïc Féquet. « Ah… la sardine de Saint-Gilles ».

 

Une course accordéon
Lors de cette première nuit, à bord de Crêpes Whaou ! 3, le rythme avait quelque peu ralenti, après une nuit entre 20 et 27 nœuds ( !). Franck-Yves Escoffier, Antoine Koch et Kevin Escoffier étaient alors couverts comme des ours polaires (il faisait 5° au thermomètre mais à 20 nœuds, il convient d’enlever quelques degrés) avaient cette nuit là la main sur l’écoute et l’œil sur le speedo tandis qu’Antoine Koch continuait de chercher sur la carte un bon plan pour décramponner Actual du tableau arrière de Crêpes Whaou ! 3.
« C’est bon pour l’intérêt de la course, pas pour le cœur ! », lançait alors Franck-Yves. Tout au long de la redescente vers la pointe de Bretagne, les deux bateaux de tête, la Crêpe 3 et Actual, se sont tiré la bourre, sans que l’un ou l’autre ne réussisse à creuser l’écart. Alors qu’il allait passer le Pont de L’Europe, entre Danemark et Suède, Yves le Blevec déclarait : « ce matin, nous sommes 20 milles derrière Crêpes Whaou! 3, alors que nous avions 8 milles d'avance 8 heures plus tôt. Ce n'est pas la meilleure façon de commencer la journée ! Durant la nuit nous avons décidé de passer entre la Suède et l'île Gotland. Nous sommes tombés dans une molle et nous avons beaucoup manœuvré. Nous pensions qu'il y aurait plus de vent et nous ne sommes pas récompensés de nos efforts, il faut le prendre avec philosophie ! Les écarts vont se resserrer parce que nous avançons maintenant au près en tirant des bords à une vitesse de plus ou moins 10 nœuds ».
Avec un Actual en tête depuis la Scandinavie, Franck-Yves Escoffier, Antoine Koch et Kevin Escoffier n’ont rien pu faire pour revenir au contact du leader, malgré deux options différentes après Cherbourg : « Yves (Le Blévec) a très bien navigué. Ils n’ont pas fait beaucoup d’erreurs. En tant que compétiteur, forcément, je serai déçu si nous arrivons deuxièmes. On avait très envie de gagner la première édition de cette nouvelle course très innovante. Je pense qu’on a fait une petite erreur en Mer du Nord quand nous nous sommes rapprochés des côtes. Ensuite, c’était difficile de refaire notre petit retard car le vent est revenu par l’ouest hier soir, donc Actual en a bénéficié avant nous ». Mais Franck-Yves précisait tout de même : « en tant que président de la classe, je suis sincèrement très heureux. Depuis le temps que je souhaitais qu’il y ait du jeu dans cette classe de bateau ! Nous avons déployé une énergie folle depuis plusieurs années. Sur cette nouvelle épreuve, la classe Multi50 a prouvé qu’elle était une classe compétitive capable d’entretenir le suspense jusqu’au bout ».
Et comme le dit Franck-Yves depuis quelques mois : « je préfère arriver second à quelques minutes du premier, que premier tout seul ! ».

 

Une première grande victoire pour Actual
Yves le Blevec et son équipage ont remporté la course avec plus de trois heures d'avance sur l'ex-leader. Les premières impressions d'Yves le Blevec à l'arrivée : « je suis sur un nuage et super heureux d'avoir gagné. L'arrivée a été extraordinaire ! Le rythme a été intense, nous avons peu dormi. Il faut maintenant revenir à un rythme de terrien. Nous sommes en transition ». Avant de poursuivre : « cette course est tout ce qui fait la qualité de la course au large. Elle ressemble à une étape de Solitaire du Figaro mais en équipage de trois personnes. Il y a toujours quelque chose à faire au niveau des réglages. Il faut être super actif et, en même temps, se projeter pour anticiper la stratégie. Pour gagner, il faut des compétences et des connaissances. Cette épreuve va aider la classe Multi50 à s'élever.»
Last but not least, laissons la parole au patron du Groupe Actual, Samuel Tual : « c'est une très belle journée et une belle victoire, très disputée. C'est la première grande course depuis la Transat Jacques Vabre qui a été un moment difficile à vivre. Alors nous avons d'autant plus de plaisir à vivre cette victoire. C'est le jeu du sponsoring de passer par différentes étapes. Nous travaillons en permanence avec Yves pour vivre des journées comme aujourd'hui. Merci à tout le team Actual pour ces beaux moments. »

 

Crêpes Whaou ! 3 : le temps des bilans.
A peine débarqué de la Vendée – Saint Petersburg, le regard de Franck-Yves Escoffier était déjà tourné vers L’objectif de la saison : La Route du Rhum – La Banque Postale. Antoine Koch (qui a couru la Route du Rhum – La Banque Postale à bord de Sopra, j’ai d’ailleurs eu le plaisir de naviguer avec lui lien sur l’article de la Route du Rhum 2006) déclarait : « on a fait une première étape serrée. On l’a gagnée parce qu’on est allé les chercher. On s’est vraiment bien défendu. Yves Le Blévec a déjà optimisé son bateau. Actual en est à la version 2. Dans le vent medium, sur mer plate, il va un peu plus vite que nous. Au près dans la brise, on marche vraiment bien. Et au portant, dans la brise, on a une plateforme très efficace. La seconde étape était moins tactique. En vitesse pure, on s’est fait "éclater" en sortant du Golfe de Finlande, puis on a descendu la Mer baltique à fond ! En Mer du Nord, ils allaient à nouveau plus vite. Ils ont un peu entamé notre confiance à ce moment là. Dans ce genre de situation, on n’est plus très sûr de ses choix tactiques. Nous avions une stratégie que nous n’avons pas vraiment appliquée ». Selon FranckYves Escoffier : « c’est une course hyper intéressante et à chaque édition ce sera comme cela. Des effets d’accordéon, une course jamais gagnée d’avance, pour personne. Rien à voir avec une traversée de l’Atlantique. Dans quatre ans, je suis certain qu’il y aura encore davantage de bateaux performants ». Quant à Kevin, qui navigue aussi sur le géant Banque Populaire V, il a débarqué avec à la main un certain nombre d’améliorations à apporter au bateau : « il y a pas mal de possibilités pour optimiser encore le bateau. Il faut faire un travail de développement sur le jeu de voiles, mais aussi sur l’ergonomie à l’intérieur, notamment pour que Franck-Yves puisse matosser correctement en solitaire. Nous n’avons rien cassé sur le bateau. Il est aujourd’hui fiabilisé. Je rajouterai aussi un travail sur le système de barre, pour améliorer le confort et la performance et permettre au pilote automatique de moins se fatiguer ».


Le classement.
1) Yves Le Blévec, Actual.
2) Franck Yves EscoffierCrêpes Whaou ! 3.
3) Loïc Fequet, Crêpes Whaou ! 2.
4) Lalou Roucayrol Région Aquitaine - Port Médoc.
5) Erwan Le Roux Fénétré A-Cardinal.
6) Pierre Hingant La Mer révèle nos sens.
7) Hervé Cléris, CLM.
Anne Caseneuve sur Naviguez Anne Caseneuve et Etienne Hochédé sur Pir² ont quant à eux du abandonner. En effet, dans l’après-midi su 6 juin, le trimaran de Anne a démâté alors qu’elle se trouvait à 8 milles par le nord de Brignogan. L’accident s’est produit par un vent de 15 à 20 nœuds.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Record SNSM : une flotte de 53 bateaux pour une pluie de records !

 

C’était le week-end dernier, le désormais célèbre record SNSM. Des grands multicoques on n’y a vu que Gitna 11, mais il a assuré le spectacle.

Alors records battus ? Sportivement très disputée, la 6ème édition du Record SNSM a profité de conditions météo idéales propices à la glisse et à la vitesse. Malgré la fraîcheur de la nuit, les 53 bateaux ont navigué sous le soleil, sur une mer plate et dans du vent toujours un peu établi. De quoi faire tomber les temps de référence dans toutes les catégories, ou presque, sur les trois parcours longs de 180, 230 et 360 milles. Les arrivées témoignent des performances des multicoques. Les 271 équipiers engagés dans l’aventure de cette édition 2010, compétiteurs émérites ou plaisanciers avertis, sont tous rentrés à bon port les yeux rougis par les embruns et des sourires qui en disent long sur la belle tranche de mer vécue le long des côtes bretonnes.
Premier maxi-multicoque à s’aligner au départ du Record SNSM dans sa version Saint-Nazaire / Sainte-Marine, Gitana 11 en a jeté plein les yeux, et n’a fait qu’une bouchée du parcours de 360 milles, avec des pointes à plus de 30 nœuds à la clé. Il établit un premier temps de référence sur les deux boucles entre l’Estuaire et la rivière de l’Odet de 19h 39mn et 58 sec à 18,3 nœuds de moyenne. En Multi 2000, le Sea Cart 30 NIM Intérim Management s’impose, il a écrit une page qui restera dans les annales de l’épreuve. Ce petit tri de 30 pieds avait pourtant l’allure d’un engin de plage quand il coupe la ligne peu de temps après Gitana 11. Pourtant, sur le parcours de 230 milles, ce multicoque à sensations d’origine suédoise a montré qu’il avait plus d’un tour dans son cockpit et des chevaux sous les flotteurs. Après 20h et 38mn d’une course aussi humide qu’effrénée, il pulvérise le temps canon réalisé l’année dernière par le Corsair 31 d’Aymeric de Chezelles (2ème en temps compensé en 2009). Des pointes à 20 nœuds, une vitesse moyenne de plus de 11 nœuds après 20h et 38 mn de gymkhana le long des côtes bretonnes, les chiffres parlent d’eux-mêmes : Pierre Van Den Broek et son équipage ont placé la barre très haut !
Pour ce qui est du record permanent, la ligne reste ouverte. Avis donc aux amateurs. Il invite tous les bateaux de plus de 6,50 mètres à s’élancer au départ de Saint-Nazaire, quand ils le souhaitent, du 1er avril au 1er octobre, en vue d’établir leur propre chrono qui viendra peut-être s’inscrire au palmarès des meilleurs temps de référence établis, sur les 284 milles qui séparent Saint-Nazaire de Saint-Malo. Sur ce parcours originel, le Record absolu revient de droit au trimaran Orma Brossard. En juillet 2006, Yvan Bourgnon et son équipage avaient profité d’une fenêtre météo favorable pour affoler les compteurs à plus de 21 nœuds de moyenne.

 

 

 

Extrem series : la saison a été lancée à Sète

 

Pour la première épreuve de la saison, Groupe Edmond de Rothschild, skippé par Yann Guichard, s’impose. Un bon banc d’essai pur se mesurer à cet autre skipper de la Route du Rhum qu’esy Franck Cammas.

Huit équipages ont répondu présent pour cette première étape du circuit Européen des Extrem 40. Avec trois vainqueurs de manche différents qui ont pour noms Guichard, Booth et Cammas, le niveau des concurrents est apparu très homogène. Pourtant, l'équipage de Groupama 40 a perdu gros dès la première manche, passant de la deuxième à la sixième place à la défaveur d'une bascule de vent de 60° prise à l'envers : « c'est le genre de chose qui arrive. Nous n'y pouvions malheureusement rien puisqu'il fallait être en retrait pour en profiter », analysait le tacticien de Groupama 40, Tanguy Cariou. Par contre, au petit jeu du « qui perd gagne », Loïck Peyron passait à une longueur de la victoire alors qu'il ne pointait qu'en cinquième position à la bouée précédente, assez loin du leader, Groupe Edmond de Rothschild. Lors des deux manches suivantes, le vent n'était guère plus régulier mais probablement plus prévisible. Priés de se creuser les méninges, les tacticiens choisissaient pourtant les côtés opposés du plan d'eau avec des réussites diverses, à l'exemple de Groupe Edmond de Rothschild qui finissait dernier de la manche 2 après avoir remporté la première.
Deux jours plus tard, grâce à une régularité impressionnante, une excellente vitesse et un équipage fluide, Groupe Edmond de Rothschild confortait son leadership au classement général provisoire, avec huit points d'avance sur son poursuivant direct, The Wave, Muscat de Paul "CJ" Campbell-James. A seulement deux points derrière, Loïck Peyron et Oman Sail Masirah restaient en embuscade. L'autre actualité du jour aura été la percée de Red Bull Extreme Sailing barré par Roman Hagara, enchaînant deux victoires de manche. Selon Yann Guichard, « la coordination et la communication est primordiale à bord, on prend vraiment beaucoup de plaisir à naviguer ensemble. A chaque manche, que nous soyons devant ou derrière, il n'y a jamais un mot plus haut que l'autre, et je pense que c'est ça aujourd'hui qui a fait la différence ». Quant à Loïk Peyron sur Oman Sail Masirah : « les choses se mettent en place à leur rythme, et c'est normal. Les garçons avaient l'habitude d'un autre barreur, moi d'un autre équipage (…) Je manquais aussi un peu de confiance, mais c'est en train de revenir, faire de bons résultats aide naturellement ! L'avantage c'est que même quand on part très mal, on arrive à revenir et passer des bateaux. Gitana restera toujours le gros client, mais on va tenter de leur donner du fil à retordre ». Au final, l'équipage de Groupe Edmond de Rothschild a remporté la première épreuve de la saison devant un Oman Sail Masirah. The Wave Muscat complète le podium en cet après-midi venté, ayant contraint le comité à ne pas donner le départ de la 21ème course, le plan d'eau se ridant sous l'effet d'une brise de 30 nœuds.

 

 

 

 

Voile Lémanique (1). D 35. Banque Populaire sur le Challenge Julius Baer : second dès le départ


C’était la première manche du challenge helvétique (qui en compte huit), et Pascal Bidegorry s’est adjugé la seconde place de ces régates qui se sont disputées dans le Petit Lac. Un Grand Prix et une classique composaient la programme des réjouissances. Foncia d'Alain Gautier et Banque Populaire de Pascal Bidégorry se sont ainsi retrouvés au coude à coude tout le week-end et ont terminé la dernière manche en match race.

Vendredi, dans un vent léger Joran, Foncia et Banque Populaire se partageaient les victoires des quatre manches courues. Sept manches ont pu être lancées à l'Open de Versoix. Foncia le remporte avec 4 points d'avance sur Banque Populaire qui gagne deux manches et monte sur le podium quatre fois. La régate s'est terminée en match race entre les deux équipages français à bord de leurs catamarans de 35 pieds (10,81 mètres), puisque Banque Populaire ne devait pas finir mieux que sixième à la dernière régate du jour. Objectif rempli, Pascal Bidégorry et son équipage montent sur la deuxième marche du podium. Nicolas Charbonnier, Médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Pékin en 470, tacticien du D35 Banque Populaire, analyse cette régate: « aujourd'hui, Foncia était en position de force. Ils ont donc essayé de nous gêner au maximum. Nous avons essayé de faire le moins mauvais classement possible. Mais cela fait partie du jeu et le week-end prochain nous essaierons d’être meilleur ». Pascal confiait alors que « c'est une très grande satisfaction, on a gagné deux manches et on est 2e de l'Open de Versoix derrière Alain Gautier à bord de Foncia, ce qui nous fait remonter à la 2e place au classement général du Challenge. L'équipage est vraiment super et depuis la première épreuve on s'est bien alignés avec dans tous les domaines une bonne préparation même si je trouve qu'on ne s'est pas beaucoup entraînés. Je suis confiant pour le Bol d'Or auquel nous participerons le week-end prochain ».

 

L'équipage du D35 Banque Populaire :
Pascal Bidégorry (Skipper, Barreur). Yvan Ravussin (Régleur). Nicolas Charbonnier (Tactique). Xavier Revil (Grande Voile). Arnaud Jarlégan (Régleur). Christophe Espagnon (N°1). Ronan Lucas (Remplaçant). Manu Le Borgne (Remplaçant). Yann Courtois (Préparateur)

Le classement de l'Open de Versoix :
1- Foncia. 2- Banque Populaire.3- Ylliam. 4 - Zoulou. 5- Okalys Corum. 6 – Zen Too. 7 – Alinghi. 8 – Julius Baer. 9- Veltigroup. 10 – Nickel. 11 – Ladycat. 12- Zebra 7.

 

 

 

Voile Lémanique (2). Le catamaran à foils SYZ & CO sur la ligne de départ du Bol d’Or Mirabaud 2010

 

L’équipe du catamaran à foils Syz & Co se prépare avec enthousiasme à participer au Bol d’Or Mirabaud 2010. En effet, les navigations intensives menées ces dernières semaines par la nouvelle équipe professionnelle ont permis de progresser rapidement : le bateau vole bien et atteint des vitesses élevées dans des conditions établies. Des coques rallongées, un mât plus long, de nouvelles voiles, un système hydraulique optimisé, une nouvelle équipe navigante : tout a été mis en place pour démarrer la saison dans les meilleures conditions, avec deux objectifs principaux : les records de vitesse du Léman et le Bol d’Or Mirabaud ! Annoncées il y a quelques semaines avec l’arrivée de Luc du Bois, ces modifications se sont vues validées en beauté par de magnifiques séances de vol.
L’engagement d’une équipe professionnelle dirigée par Luc du Bois a permis de progresser rapidement en menant de façon intensive les nombreux tests qu’il fallait mener à bien. « Un tel projet d’avant-garde se devait de mettre toutes les chances de son côté. Ici, cela a signifié de travailler avec une équipe de navigateurs professionnels qui puissent passer sur l’eau les heures nécessaires afin de faire les tests de vitesse, les analyses de polaires, les essais de réglages etc. » déclare Alex Schneiter, l’un des initiateurs du projet. « Nous sommes aujourd’hui plus que jamais convaincus de la pertinence du concept et encore plus motivés à mener ce projet à la place qui lui revient, à savoir parmi les idées d’avant-garde qui ont fait avancer un cran plus loin le savoir de l’architecture navale ! ».Aujourd’hui, l’équipe travaille sans relâche avec les meilleurs spécialistes, notamment Luc du Bois, pour l’analyse des performances et la navigation, mais aussi avec Joâo Cabeçadas, ancien préparateur d’Alinghi, afin de préparer le bateau pour le Bol d’Or Mirabaud 2010. Un nouveau mât, plus long de 1.50 m, sera installé ce week-end et il restera une semaine à l’équipe pour tester la navigation dans cette nouvelle configuration et pour effectuer les réglages des nouvelles voiles. « Nous attendons beaucoup de l’installation de ce nouveau mât ! » explique Luc du Bois. « Le bateau a déjà montré son potentiel dans des conditions de vent bien établies. Nous attendons aujourd’hui de voir quels résultats nous pouvons obtenir dans un vent plus léger, avec un mât plus long et une surface de voile augmentée. Bien sûr, les conditions de vent au moment du Bol d’Or Mirabaud sont rarement optimales pour un bateau comme le nôtre mais nous aurons peut-être de la chance cette année ». L’équipage du Bol d’Or devait être composé d’Alex Schneiter, Patrick Firmenich, Boet Brinkgreve et de Marc Streich.

 

 

 

 

Un livre à lire : Jon l’Islandais, par Bruno d’Halluin

 

Bon d’accord, il ne s’agit pas d’un livre qui traite des multicoques de course ; mais il a été écrit par mon ami Bruno d’Halluin, et un petit coup de main, ça ne fait pas de mal. ‘Jon l'Islandais’ était dans la sélection finale du prix ‘Gens de Mer’ du festival ‘Etonnants Voyageurs’ de Saint-Malo, où Bruno était invité. Vous pouvez retrouver des détails sur ce prix, et d’autres informations sur ce livre, en cliquant sur le lien :
http://www.lavolta.fr/Revue.htm

 

 

 

 

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